Les évènements qui se passent sous nos yeux ... télévisés en Côte d'Ivoire et Haïti ont de quoi inquiéter.
En Haïti, l'élection présidentielle est contestée par de trop nombreuses irrégularités supposées en faveur du candidat soutenu par l'actuel Président René Préval.
Pire, en Côte d'Ivoire, deux Présidents ont été déclarés élus, l'un par le Conseil consitutionnel, Laurent Bagbo, l'autre par la commission électorale et l'ONU, Alassane Ouattara. 2 Présidents pour un fauteuil. La crise politique est bien là, laissant craindre des troubles importants voire une guerre civile.
Si les instances internationales ont raison d'être ferme sur la définition de la démocratie et des processus électoraux réguliers, la tentation est grande de se présenter en donneur de leçon.
Gardons-nous donc citoyens français ou plus largement occidentaux de porter un regard par trop néo-colonialiste sur d'anciens territoires que nos pays respectifs auraient pu occuper. On a vite fait de stigmatiser l'instabilité permanente des régimes politiques en Afrique et en Haïti, de pays qui peinent à s'orienter vers une stabilité politique et de volonté démocratique affirmée et démontrée.
Cette posture amènerait à faire bien peu de cas des choix des populations qui, en toute légitimité, peuvent et doivent choisir librement et souverainement le rythme de leurs évolutions institutionnelles. Leur forcer la main serait dangereux et pourrait être source de heurts importants et de déséquilibre dans ces régions. Leurs peuples ayant tiré des leçons du passé seraient facilement mobilisés pour que les situations qu'ils ont connu jadis ne se reproduisent pas.
A ce titre, la position de Dominique Strauss-Kahn, comme Directeur du FMI, à l'égard de la Côte d'Ivoire, même si semble justifiée d'un point de vue légal, interroge. Entre gouvernance économique mondiale, voire politique, et néo-colonialisme, il y a un pas qu'il convient de veiller à ne pas franchir. Dans le cas contraire, le droit international serait perdant, car perdant de la légitimité et des crédibilité.
Mais aussi, la posture cacherait le fait que la France, pour ne citer qu'elle, a mis pratiquement deux siècles depuis la Révolution française à trouver un régime politique qui parachève une démocratie de manière unanime et légitime. Et encore, n'est-ce pas seulement après la 2ème guerre mondiale que le vote des femmes fut voté, que la représentation des minorités nationales ne progresse pas, que les parlementaires ne sont pas représentatifs des différentes couches de la société. Et que dire de l'élection tronquée à campagne opposant Martine Aubry à Ségolène Royale pour la direction du Parti socialiste. Certes la France est une démocratie, mais il y a encore beaucoup de chantiers devant nous.
Il est donc important d'aider ce qu'ils le veulent à construire leurs processus démocratiques, ce qui peut prendre du temps, beaucoup de temps. Mais de grace, pas d'arrogance, ni de leçons...
Publié par gilleshuard à 00:25:32 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
J'aime les films catastrophes, un genre cinématographique particulier j'en conviens, que l'on apprécie d'autant plus quand l'on pense que les faits ne peuvent pas se produire dans la réalité. Or, ce n'est pas toujours le cas.
L'histoire de ce film, inspirée par des faits réels, est on ne peu plus simple : un ingénieur vétéran et un jeune conducteur de train vont s'associer au péril de leur vie, pour tenter d'arrêter un train lancé à toute vitesse, dont la cargaison toxique menace de dévaster toute une région.
Malgré la présence du très bon Denzel Washington, et même si l'on passe un bon moment après une dure journée de travail, au final on n'est guère surpris par ce scénario qui se déroule sans embuche ; les évènements sont finalement assez prévisibles.
A VOIR en DVD. Note : 2/5
Publié par gilleshuard à 21:42:51 dans Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
"Les petits mouchoirs" est un film résolument moderne malgré les apparences trompeuses, notamment l'affiche du film.
L'histoire : A la suite d'un événement bouleversant, l'accident d'un de leur copain, une bande de copains décide, malgré tout, de partir en vacances au bord de la mer comme chaque année. Leur amitié, leurs certitudes, leur culpabilité, leurs amours en seront ébranlées. Ils vont enfin devoir lever les "petits mouchoirs" qu'ils ont posés sur leurs secrets et leurs mensonges.
Le début du film est laborieux et on peine à entrer dans l'histoire. Le début du film ressemble à ces films bobos et pseudos intellos. Mais peu à peu, malgré un scénario un peu léger on s'attache aux personnages parfois caricaturaux et à leurs histoires parfois improbables ou rocambolesques. La fin offre même une belle morale qui fait méditer.
On y retrouve un excellent Guillaume Canet (comme toujours) et des personnages hauts en couleur servis par un très bon casting : François Cluzet, Marion Colillard, Benoît Magimel... Bref un bon moment de cinéma.
A VOIR. Note : 3/5
Publié par gilleshuard à 21:33:15 dans Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Il est des films qui marquent. "Elle s'appelait Sarah" est une évocation originale d'un des plus grand drames français durant la seconde guerre mondiale : la rafle du Vel d'Hiv en 1942. Le film apporte un autre regard sur cette page sombre de notre histoire après "la rafle" en 2010.
L'histoire : Julia Jarmond, journaliste américaine installée en France depuis 20 ans, enquête sur l'épisode douloureux du Vel d'Hiv. En remontant les faits, son chemin croise celui de Sarah, une petite fille qui avait 10 ans en juillet 1942.
Ce qui n'était que le sujet d'un article devient alors, pour Julia, un enjeu personnel, dévoilant un mystère familial.
Comment deux destins, à 60 ans de distance, vont-ils se mêler pour révéler un secret qui bouleversera à jamais la vie de Julia et de ses proches ? La vérité issue du passé a parfois un prix dans le présent...
L'excellent jeu de Kristin Scott Thomas, à la fois sombre et sensible, donne au déroulement de l'histoire une ambiance particulière et on s'identifie aisément à cette femme qui a besoin de savoir, de comprendre.
L'histoire de cette petite Sarah est à la fois forte, émouvante et terrible à la fois.
Les flashbacks répétés et bienvenus permettent de rendre cette histoire oh combien contemporaine et une passerelle temporelle entre . Un bon moyen pour montrer aux jeunes que notre présent et notre avenir trouvent leur sens et leur origine dans notre passé. Il est donc important de le connaître, le comprendre pour mieux l'appréhender et contribuer à faire en sorte que les horreurs du passé ne se reproduisent pas.
A VOIR Note : 4/5
Publié par gilleshuard à 21:16:19 dans Cinéma | Commentaires (0) | Permaliens
Nous avons assisté cette semaine à l'aboutissement d'un feuilleton qui tenait en haleine le microcosme politico-médiatique depuis 6 mois : le fameux remaniement qui se promettait de donner un nouveau souffle au Président Sarkozy en campagne pour 2012. Pourtant lundi face à des journalistes imperturbables il a assuré qu'il n'était pas candidat (pas encore !). On peut se demander à l'écouter si quelqu'un le croit encore...
Ce remaniement est le signe de deux phénomène conjugués.
Pour donner un nouveau souffle, un nouveau dynamisme à la Présidence Sarkozy en préparation de la future campagne, le plus simple pour lui eut été de tout changer : de premier ministre, et ce malgré sa popularité, de ministres, de politique.
Mais Nicolas Sarkozy a trop compris que dans une France conservatrice, tout changement inquiète.
Nommer Borloo Premier ministre aurait pu permettre de mettre en place une politique à caractère plus social selon son souhait dans un contexte de crise et d'incertitude sur l'avenir, et après l'adoption dans la douleur de la réforme des retraites. C'eut été donner des gages à l'aile centriste de la majorité qui ne se reconnait pas dans certaines décisions, notamment la politique d'immigration, et dans la pratique présidentielle de N.Sarkozy. Mais c'eut été également inquiéter des parlementaires qui voient en François Fillon, le Premier ministre dont la France a besoin, un chef de gouvernement posé, sérieux et travailleur, qui équilibre l'agitation perpetuelle de Nicolas Sarkozy. Jean-Louis Borloo semble moins stable, et son image caricaturée par les "Guignols" a fait chuter sa possibilité d'apparaître comme un homme d'Etat.
Le Président a donc préféré ne rien changer, en tous cas en apparence. La premier ministre et la politique définie au lendemain de l'élection présidentielle sont confirmés.
On a donc assisté à une vrai nouveauté sous la Ve République : un Président qui désigne son premier ministre sous la pression de sa majorité parlementaire. Le général de Gaulle aurait de quoi se retourner dans sa tombe. En cela, ce remaniement constitue une vrai rupture...
Outre la méthode, la rupture qui était la marque de fabrique de Sarkozy, a eu lieu également dans la constitution de sa nouvelle équipe ministérielle. mais aussi de l'ouverture à gauche à laquelle il est mis un terme alors qu'elle devait pourtant rassurer au sortir de l'élection présidentielle de 2007. Les talents pris à la gauche (Koucher, Amara, Bockel..) ne sont désormais plus considérés comme tels. Déjà, mais pour d'autres raisons, M.Hirsh avait pris les devants. Seul Besson, jugé Sarko-compatible, et pour avoir fait montre d'une loyauté sans faille lors du débat sur l'identité nationale, reste. Rupture aussi de son pacte majoritaire. A quelques rares exceptions près, les centristes sont mis dehors, leur ouvrant ainsi l'opportunité de ressouder la famille divisée (j'y reviendrai dans un prochain billet).
Ainsi, c'est un véritable gouvernement UMP-"canal historique", c'est à dire RPR, qui vient d'être mis en place. Serrez dans les rangs semble-t-on dire. Un gouvernement fermé sur lui même, sensé rassembler le peuple de droite. Mais rassembler une telle équipe c'est prendre un certain risque sur le résultat à en attendre pour la campagne présidentielle. On verra.
Lors de son entretien télévisé mardi soir, le Président a semblé avoir tourné la page de sa poltique bling bling, apparaissant calme, posé, réservé, modeste, presque humain même si trainait encore quelques reminiscences d'une certaine arrogance, à l'égard de ceux qui le questionnaient notamment. Nous verrons "à l'usage", selon la formule consacrée, s'il n'y avait là qu'une posture de communication ou une vrai volonté de rupture avec le style Sarko qui déplaisait tant à sa majorité, que parmi les français.
C'est donc à un étrange remaniement auquel nous venons d'assister. Un remaniement qui aurait dû donner un nouveau souffle au Président de la République, et qui en fait, renforme son Premier ministre qu'on disait pourtant affaibli. Décidemment, elle nous en aura fait voir de toutes les couleurs cette Ve République...
Publié par gilleshuard à 13:05:48 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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