<< Ousmane Touré | Une campagne bien atypique | La campagne est ouverte ! >>
Décidément cette élection présidentielle est vraiment atypique.
D'abord, et on peut s'en réjouir, elle suscite un énorme intérêt auprès des français que le nombre d'inscrits sur les listes électorales est venu confirmer aujourd'hui.
Ensuite, parce que, paradoxalement, les français sont hésitants entre quatre candidats principaux : Ségolène Royale, François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen. Si les scores annoncés dans les sondages sont assez disparates entre les 4 rivaux (les sondages ... !) leurs positions semblent les placer en situation crédible de figurer au second tour de l'élection.
Enfin, parce que la campagne n'existe pas vraiment. Les candidats se renvoient dos à dos des arguments, des intentions, des effets d'annonce, tous azimuts, courant les uns derrières les arguments de l'autre, tantôt pour se différencier par des critiques qui confèrent à l'insolence, tantôt pour conforter la thématique inclue dans le débat par un "plus ... que moi tu meurt".
C'est Nicolas Sarkozy qui est tantôt un chantre de la rupture, tantôt un défenseur de l'Etat interventionniste ; c'est Ségolène Royale tantôt libérée de l'influence du parti socialiste, tantôt appelant les "éléphants" à la rescousse. C'est Nicolas Sarkozy qui met sur le devant de la scène le thème de l'identité nationale, idée qui appartient en effet à l'ensemble des français, mais avec une intention à peine dissimulée de séduction des électeurs du Front national. C'est Ségolène Royale qui lui emboite le pas en exprimant une passion aussi forte que soudaine pour l'hymne national.
La présence de François Bayrou, qui a apporté un élan de fraicheur à cette campagne, brouillant quelque peu les lignes partisanes en montrant leur faible d'efficacité et de pertinence dans la France et le monde d'aujourd'hui, apparait comme le réel homme de la rupture de cette élection, qui offre à la fois crédibilité et capacité de gouverne la France, sans trahir à l'idéal républicain.
Une campagne réellement atypique car qui peut dire à un mois de l'élection qui sera avec certitude au second tour ? Personne. Voilà qui amène plus de 40% des français à être indécis et laisse préfigurer ce qui constituera une nouvelle surprise pour le second tour. Espérons que ce soit pour le meilleur ... et pas le pire.
Publié par gilleshuard à 21:12:24 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
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