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La passion du monde

Le blog de Gilles Huard

Sarkozy : j'ai testé pour vous | 28 avril 2007

Parce que je suis un démocrate et que, pour se faire une idée sur les choses et les personnes il faut s'informer, écouter, regarder... parce que le choix du second tour pour les électeurs de Bayrou est difficile tant ils souhaitent rester en accord et cohérents avec la voie ouverte par le candidat UDF, et tout simplement parce que j'étais sur Clermont-Ferrand hier après-midi, je finalement décidé d'aller écouter Nicolas Sarkozy en meeting, juste comme cela, pour voir, prendre la température.

Force est de constater qu'il m'a convaincu : convaincu qu'il était absolument impossible que je puisse voter pour lui ! Ce que j'apprends jour après jour des manoeuvres et intimidations en tous genres exercées auprès des parlementaires UDF a fini de me convaincre.

J'arrive, une grande halle se présente devant moi, une salle mobilisée, convaincue pour la plupart des présents mais pas très vivante, un peu terne que la succession des discours en attendant l'arrivée du "chef" n'a pas réussi à galvaniser ; on y a vu successivement Laurent Vauquiez, jeune député de la Haute-Loire, Christine Boutin, députée (anti-pacs) des Yvelines, Charles de Courson, député UDF de la Marne, qui vient expliquer les raisons qui l'ont amené à rallier Sarkozy - je me demande dans quelle galère il est venu se mettre. Louis Giscard d'Estain, député du Puy de Dôme - qui a rendu un hommage ditirambique à son père et ses années glorieuses à la tête de l'Etat - et enfin Brice Hortefeux, ministre et fidèle parmi les fidèles de Nicolas Sarkozy. Objectivement, cette salle, rien à voir avec l'ambiance surchauffée de Bercy avec Bayrou. C'est sans doute le lieu qui faisait ça ou présentement, l'Auvergne, j'espère pour lui...

Et voici Nicolas arrivant avec VGE, sous une musique émouvante qui invite à verser sa petite larme. Je ne la verserai pas. Je doute de ma présence ici, mais courage avant de fuir, attendons au moins quelques minutes.

On a assisté d'abord à un discours sur mesure pour les auvergnats venus en nombre, du vrai marketing. Non, il ne s'est pas trompé avec l'hommage au bassin minier, Valenciennes c'est pour samedi. Puis a suivi une attaque en bonne éduforme vis à vis de François Bayrou, sans le citer, jamais, on l'accuserait d'attaque personnelle, mais pourtant : de quoi s'agit-il d'autre ? Il a critiqué selon lui la violence avec laquelle le candidat centriste s'en est pris à lui. Non, Sarkoy ne l'est jamais, pas le style, à d'autres ...! Eh bien si, avec un ton modéré, une fois n'est pas coutume, il a attaqué de manière très violente, empreinte de mépris et de mauvaise fois la possibilité, la légitimité pour F.Bayrou de participer à la campagne du second tour.

Comme si 7 millions d'électeurs ne se reconnaissaient pas en lui, pour défendre au mieux leurs convictions, comme si chaque citoyen ne pouvait pas participer au débat. Lui plus que chaque citoyen bénéficie de plus de lumière due à sa position politique, c'est sans doute cela qui gène le candidat Sarkozy, le débat, la confrontation. Il a refusé les débats avec les autres candidats avant le 1er tour, il continue. Et pourquoi pas supprimer le débat télévisé du second tour ?...

Puis N.Sarkozy développe un discours formaté pour la terre rurale d'Auvergne, que Frédéric Nihous partagerait, un poil anti-bruxelles, un poil populiste - terme qu'il dénonce, il serait juste comme la gauche "proche du peuple" - reprennant à foison les promesses non réalisées du candidat Chirac en 1995 sur la fracture sociale allant même à vouloir repeupler les campagnes par les habitants des cités, je croyais réver.

Belle transition pour évoquer une rencontre. Je suis au fond d'immense halle, debout (alors que la grande partie de l'assemblée est assise). Devant moi, 4 jeunes beurs que je vois intéressés par le discours de N.Sarkozy, commentant ses propos. Ne le entendant pas bien, je me demande s'ils sont là par hasard ou s'ils sont fervents supporters, alors que l'on connait l'audience dont Sarkozy bénéficie dans les quartiers. Préférant ne pas tirer de conséquences sur la ville d'où ils viennent et la raison de leur présence qui ne me regarde pas après tout, je vais tout de même vers eux à la fin du meeting et les interroge. Et là surprise : ils ont voté Besancenot au 1er tour, ne savaient pas pour qui voter, sont venus l'écouter et ont décelé dans ses propos les mêmes thèses que l'extrème gauche. Ils ajoutent ne pas se placer dans le contexte tout sauf Sarko et le "linchage" dont il est l'objet dans les banlieues ; simplement ils ne se reconnaissent pas en lui. On a débattu quelques instants à l'extérieur, des propos républicains, ils reconnaissent que les positions de Bayrou sont intéressantes et capables de rassembler (dommage, trop tard pour cette fois). Il voteront Ségolène Royal.

Je les quitte satisfait de rencontrer des gens intelligents au contraire des videurs du meeting que j'ai vu expulser plusieurs jeunes dont le look ne semblait pas correspondre... dommage.

Publié par gilleshuard à 14:29:12 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) |

Bayrou : un discours fondateur... | 26 avril 2007

Quel est le point commun entre l'ordre juste de Ségolène Royal et le "juste l'ordre" de Nicolas Sarkozy, JUSTE UNE ILLUSION ! C'est ce qu'à exprimé aujourd'hui François Bayrou dans sa conférence de presse. Il n'est pas tombé dans le piège de l'entre deux tours, des marchandages politiciens. Droit dans ses bottes, fidèle à ses convictions, il a tenu le langage courageux d'un homme libre respectant ses électeurs.

La facilité aurait été de revenir dans le giron traditionnel de l'UDF. Rien n'aurait changé. Le 1er tour 2007 serait resté comme un "coup", une parenthèse dans l'histoire politique française.

Il n'en a rien été. Au contraire, tirant les conséquences du 1er tour, et de la volonté clairement affichée par 18,5% des français, François Bayrou a posé les 1ères premières d'un nouveau mouvement, qu'il a lui-même baptisé Parti Démocrate, en toute cohérence avec la démarche engagée au lendemain de la présidentielle de 2002 - où Jacques Chirac lui confiait ne pas vouloir tenir compte du message exprimé au second tour en formant un gouvernement d'union nationale - et de sa campagne pour la présidentielle de 2007.

Un pari courageux qui va à coup sûr semer la confusion parmi certains électeurs traditionnels de l'UDF pas forcément préparés à ce virage. Force est de constater que la stratégie étonne voire crée un malaise, normal. Trouble aussi parmi certains élus UDF dont la réelection n'est pas assurée. Là encore, Bayrou reste gentleman et assure qu'il respectera jusqu'au bout son absence de consigne de vote, donc pas d'exclusion ou de représailles.

En réalité, rien de bien nouveau quand on suit le parcours de cet homme d'Etat. Pour moi, c'est très clair. Comme il l'a dit durant toute la campagne, la France a changé, l'opposition stérile d'un camp contre l'autre ne peut pas durer, la démocratie doit être réformer, la France doit se réformer. Ce n'est pas à travers les vieux shémas et les vieux systèmes que l'on fait du neuf. Il l'a vite compris, visionnaire qu'il est avec les quelques Kouchner et Rocard.

J'éprouve donc une certaine émotion en ce jour. D'autant plus que, alors que j'étais plus jeune, Michel Rocard était alors premier ministre et Bernard Kouchner un ministre de son gouvernement, j'écrivais à ce dernier ainsi qu'à quelques autres hommes politiques de droite afin de lui proposer la création d'un nouveau parti que je baptisais Organisation des Démocrates Sociaux Rénovateurs dont l'idée, déjà était de rassembler les forces de droites et de gauche. Naïvement, ai-je pensé par la suite, je prenais les idées de gauche et droite qui me paraissaient aller dans la bonne direction. Lui seul m'a répondu. Je suis à la recherche du mot adressé par son chef de cabinet à l'époque et j'ajouterai sur mon blog dès que je l'aurais trouvé...

L'intervention complète de François Bayrou cet après-midi :

Publié par gilleshuard à 00:26:39 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) |

Bayrou au centre du 2ème tour | 24 avril 2007

Après ce 1er tour de l'élection présidentielle, s'il est une satisfaction c'est de voir que le centre, que l'électorat de François Bayrou est devenu la clé de la victoire à la fois pour Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. On pourrait en rester là, considérant à juste raison que son électorat ne lui appartient pas, que les voix qui se sont portées sur son nom ne lui appartiennent pas, eh bien non.

Le regret que j'ai au lendemain de ce dimanche historique, c'est de voir que nombre de parlementaires se laissent intimider par les pressions exercées par le rouleau compresseur UMP qui craint de voir la victoire lui échapper. Si Sarkozy s'adresse aux électeurs de l'UDF - en apparence - ses sbires, en coulisse multiplient les initiatives ou plutôt, devrais-je dire, les manoeuvres en tous genre pour s'attirer les soutiens centristes et créer une nouvelle dynamique pour le second tour.

Le moyen : la menace de faire échouer la ré-election de ces candidats. Très bas, très petit, je sais, mais c'est le jeu politique parait-il. Il faut bien parler de "jeu" : ni considération, ni respect pour le vote des électeurs, pour le message exprimé, non un électeur c'est pour eux juste une voix, la capacité pour un homme de voir son ambition pour les plus hautes sphères du pouvoir s'accomplir. Le reste, c'est de la philosophie...

Se rallier aussi vite, sans attendre de gages que les idées de François Bayrou qu'ils avaient eux-mêmes soutenus, sans attendre que leur leader se soit lui-même prononcé, est une preuve de déloyauté à son égard, c'est une trahison vis à vis des électeurs qui ont cru en François Bayrou. Un signe que le vieux système décrié par François Bayrou a la vie dure...

Heureusement, François Bayrou dira demain qu'il ne cède pas à ces manoeuvres, ces basseses dignes des bas-fonds de la politique qui, ne nous trompons pas, n'ont qu'un objectif, laisser le champs libre à l'UMP pour gouverner seul, diriger plus seul encore que Chirac ne l'a jamais fait. Ces manoeuvres, ces intimidations montrent que décidément, l'ancien RPR a la vie dure, ses méthodes, il les applique à l'UMP, les anciens centristes et républicains en ont déjà fait les frais, ceux qui viennent de rejoindre Sarkozy le découvriront bientôt.

François Bayrou, la tête haute et le regard droit n'en fera pas parti. Il continuera son chemin qui le conduira le moment venu à rassembler les français pour un vrai renouvellement de la vie politique. Amenant les hommes et femmes de droite et de gauche, à travailler ensemble dans l'intérêt du pays. (à suivre)

Publié par gilleshuard à 21:08:20 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (1) |

Le 6 mai, Votez BAYROU ! | 23 avril 2007

Tous ceux qui croient qu'ils suffit au mieux d'ajouter des bons sentiments, de belles formules, et quelques courbettes et au pire, des pressions en tous genres, pour "gagner" les voix portées au 1er tour de la présidentielle sur le nom de François Bayrou se mettent le doigt dans l'oeil : le projet porté par François Bayrou et l'écho qu'il a rencontré auprès de 7 millions de français ne peuvent être achetés.

Je fais le voeu et pense que Bayrou ne donnera pas de consigne de vote pour le second tour, non pas qu'il fasse l'amalgame entre les personnalités et les projets de N.Sarkozy et S.Royal, mais parce que, cohérent avec son projet et son discours, et fidèle à son engagement, il ne peut trahir ses convictions en se déterminant favorable à l'un ou l'autre des candidats arrivés en tête au 1er tour. Ce serait en revenir à une bi-polarisation inefficace qu'il a sans cesse dénoncée depuis 5 ans. Ce serait admettre que l'un ou l'autre pourrait porter l'héritage et l'espoir qu'il a su faire naître parmi tant et tant de français. Il n'en est rien et peut-on l'imaginer une seule seconde ...?!

Nicolas Sarkozy, qui a pu me séduire un temps par son dynamisme, son ton direct, sans langue de bois, son sens du travail accompli en particulier quand il est difficile, son projet moderne renouvelant les thèses traditionnelles de la droite,

m'a déçu dans soutien de la discrimination positive (une fausse bonne idée alors que je suis favorable à un modèle républicain modernisé), son intransigeance au bi-partisme, et sa facilité à dire tout et son contraire d'une semaine à l'autre, ...  et profondément révulsé dans ses propos dans les banlieues françaises, sur la génétique, ... et son mépris pour François Bayrou et les idées qu'il incarne ; Certains diront que c'est le jeu politique, et bien je n'en suis pas !

Sarkozy c'est le candidat d'une France divisée, communautarisée, pro-américaine, repliée sur elle-même en matière de diplomatie et de coopération, d'une France qui a peur d'elle même, d'un Etat très présent dans une économie néo-libérale (cherchez l'erreur !), d'un parti politique omnipotent qui concentrera à n'en point douter tous les pouvoirs, bref un Chirac, en pire...

Ségolène Royal, qui a pu me séduire un temps pour la modernité et la fraicheur qu'elle apportait au paysage politique français, par la prise en compte de certain thèmes abandonnés à la droite alors qu'ils appartiennent à tous (sécurité, nation)

m'a déçu dans ses multiples gaffes notamment en Chine et en Israël, le summum atteint dans le creux de ses discours, la ringardise de ses propositions "à gauche toute" ne permettant à la France de se redresser et de compter dans le monde d'aujourd'hui, son incapacité à décider courageusement des orientations qu'elle souhaite mettre en oeuvre (tant elle est tiraillée de toutes parts entre des thèses inconciliables à l'intérieur du PS ; sa "politique c'est la France" ... affligeant !) et elle aussi, sa facilité à dire tout et son contraire d'une semaine à l'autre...

Royal, c'est la candidate qui ne sait pas rompre avec la gauche d'un autre temps, une France stérile, des clivages, des promesses inconsidérées qui ne pourront pas être tenues d'ailleurs...

Non, je ne peux me reconnaître dans l'un ou l'autre de ces candidats...

Le 6 mai, je voterai BAYROU ! (à suivre)

Publié par gilleshuard à 23:03:05 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) |

1er tour des présidentielles : la déception laisse place à l'espoir... | 23 avril 2007

Il est des défaites qui n'en sont pas. Hier soir, le 1er tour de l'élection présidentielle de 2007 a marqué un tournant dans l'histoire politique française, à tout niveau.

- Très bon taux de participation : les français se sont sentis concernés par le scrutin, privilégiant dans le même temps les candidats jugés "utiles" sensés plus en mesure de l'emporter ;

- Recul du Front national en %. Si on peut se réjouir que le parti de Jean-Marie Le Pen aux idées néfastes et dangereuses perde du terrain, on peut quand même regretter que cette baisse soit due, non pas à un recul de ses idées parmi l'électorat français, mais au fait que le candidat de la droite républicaine s'illustre par des dérives dans certains de ses propos et attitudes, faisant ainsi un clin d'oeil à l'extrême droite. La première conséquence de ce recul est de permettre à la démocratie de s'exercer pleinement au second tour (contrairement à 2002) avec deux candidats républicains qui vont désormais participer à un vrai débat politique ;

- Défaite des dépositaires du "non" à la Constitution européenne. C'est un signe favorable pour nos voisins européens alors même que l'Europe a été complètement absente du débat de cette campagne ; cela restera pour moi un grand regrêt alors la relance de la dynamique européenne sera à n'en point douter une des premières tâches du (de la) futur(e) Président(e) ;

Mais surtout, ce premier tour de l'élection présidentielle restera comme celui qui aura permis à un nouveau centre de naître grace au score de François Bayrou, 18,5 %. Si en apparence il s'agit d'une défaite électorale, puisqu'il n'est pas présent au second tour, comme nous étions nombreux à l'espérer et à y croire, il s'agit en réalité d'une victoire politique puisque désormais courtisé à droite et à gauche, il fait figure de pivot de l'échiquier politique français sur lequel il faudra désormais compter.

Sa déclaration au soir du 1er tour :

Publié par gilleshuard à 21:56:55 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) |

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