Il ne s'agit pas de désigner les bandes ou groupuscules qui agissaient secrètement durant la résistance l'occupant nazi lors de la seconde guerre mondiale. Non ce n'est cela.
On est décidément entré dans une nouvelle ère politique, qui s'annonce tout aussi passionnante qu'inquiétante...
Passionnante parce que la rupture annoncée est devant nous et se déroule sous nos yeux. Un Président volontariste qui agit sur tout les fronts et qui prend la parole quasi quotidiennement ; un Chef de l'Etat décidé (une fois n'est pas coutume) à mettre en oeuvre les réformes promises. La présidentialisation est en marche. N.Sarkozy agit avec une énorme habileté, que sans sa fougue irritante, on pourrait comparer au fin stratège qu'était F.Mitterand. Sa politique d'ouverture rassure le peuple de gauche, séduit les courtisans du pouvoir et est gage d'encouragement pour les réformes importantes mais douloureuses pour la nation qui sont à venir.
Passionnante aussi, la nouvelle pratique que souhaite développer Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'assemblée nationale en créant un cabinet fantôme, un gouvernement de l'ombre, chargé de suivre "à la culotte" l'action de l'ensemble des ministres du gouvernement. Une occasion pour faire entrer de nouvelles figures, dépoussiérer un appareil en mal de renouvellement, ce qu'à bien compris l'éléphant Dominique Strauss Kahn.
Cette ère politique est également inquiétante. Le Président apparait omnipotent et laisse un espace réduit à son gouvernement qui agit presque dans l'ombre, dans son ombre certes, mais sans réelle capacité de jouer le quelconque rôle de paravent en cas de difficultés. C'est exactement ce qu'il cherche mais qu'arrivera-t-il alors s'il ne peut faire sauter le fusible que consituait jusqu'alors le 1er ministre. Sans doute parie-t-il sur un total succès... pari risqué !
Mais une ère surtout inquiétante car si N.Sarkozy a plus de pouvoir qu'aucun Président jusqu'alors, le Parlement quant à lui en a de moins en moins. L'Assemblée nationale ne sera plus la chambre des débats sociaux et sociétaux sur les lois. Tout sera réglé en amont entre le Président et les partenaires sociaux, à l'Elysée, le Parlement ne sera dès lors qu'une chambre d'enregistrement des décisions. Les députés l'accepteront-ils ?... Et surtout changer la nature du régime sans changer la constitution de manière démocratique c'est à dire avec l'assentiment du peuple ou de ses représentants, voilà qui inquiéterait les plus fervents démocrates, dont je suis...
Publié par gilleshuard à 00:09:54 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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