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Le 14 janvier dernier, le Président Sarkozy évoquait à Ryad, en Arabie Saoudite un "Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme. Dieu qui n'asservit pas l'homme mais le libère... Dieu qui est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes". Ces propos ont interpellé voire choqué en France, en particulier lorsqu'il a ajouté "dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie".
Le Président souhaite-t-il se transformer en prophète des temps nouveaux. On peut s'interroger sur cette constance à vouloir faire entrer le religieux dans le débat public. Personne ne la souhaité, excepté les plus extremistes des différentes confessions.
En suscitant un débat sur la place des religions en France, il prône une rupture dans la laïcité que nous connaissons, dont l'équilibre fragile a été trouvé au fur à mesure du temps. C'est un grand risque qu'il prend. D'ailleurs les responsables catholiques ne s'y trompent pas en craignant une communautarisation de leur religion.
Pour justifier sa démarche il développe le concept de "laïcité positive" qui tournerait le dos à la méfiance vis-à-vis des religions. Si je suis favorable à ce que l'on n'oublie pas le passé judéo-chrétien de la France et de l'Europe (sans l'inscrire dans une constitution), je suis aussi favorable à ce que chaque religion ait droit de cité en fonction des réalités qu'elle constitue sur notre sol. On a ainsi longtemps feind d'ignorer que l'islam était la 2ème religion de France, niant ainsi les nouvelles réalités et ce qu'est la France d'aujourd'hui. Ce n'était pas une erreur, c'était une faute. Il est vrai aussi qu'en la matière N. Sarkozy a ouvert la voie à une plus forte représentation. C'est positif. Si c'est cela la laïcité positive, j'y conscens.
Mais cette fois, je pense qu'il en fait trop et donne un mauvais coup à la liberté de conscience. De plus, en allant à Ryad, n'apporte-t-il pas un désaveu public envers ceux des musulmans progressistes et modérés qui souhaitent déconnecter la religion de la sphère politique (et pacifier les relations entre un Moyen-Orient musulman et un Occident judéo-chrétien) ?
Et que dire de certains de ces gestes lorsque, par exemple, il avait reçu alors qu'il était ministre du budget, la star hollywodienne Tom Cruise, chantre de la scientologie, alors que celle-ci est classée en France parmi les sectes... Cela trouble le débat et finalement dessert la cause qu'il prétend défendre. C'est vrai, c'est loin, mais de cela, il ne s'est jamais expliqué.
Personnellement tout cela me gène. Et si pourtant au devant de tous je suis avant tout un laïc convaincu, je réserve à ma sphère privé le choix de ma foi et de la pratique librement consentie. C'est parce que j'aspire au vivre ensemble dans le respect des différences et des choix de chacun. Pour cela, je suis un fervent défenseur de cette absence d'implication de la sphère public dans les questions spirituelles, sauf à ce que l'ordre public ne soit bousculé. C'est cela la laïcité. Et elle est plus que jamais très moderne.
Publié par gilleshuard à 16:37:12 dans Foi et conscience | Commentaires (2) | Permaliens
27-01-2008 23:53
De gilleshuard
Sujet:
merci Url: [Liens]
27-01-2008 22:04
De kouidri Sujet:
laïcité et histoire ....
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