<< Massacres au Tibet | Le français est-il en péril ? | Le mystère de Pâques >>
Du 14 au 24 mars 2008 se déroule la Semaine de la langue française. L'occasion de fêter la langue française et d'échanger autour ce qu'elle représente, en France et à travers le monde, et les évolutions constatées. Cette semaine intervient de manière concomitante avec la Semaine de la Francophonie, cette organisation qui fédérent les états francophones et francophiles, mais aussi de nombreux observateurs.
La question que se posent beaucoup d'observateurs et d'acteurs de la langue, les enseignants, les écrivains, les chercheurs, les linguistes est de savoir si l'on assiste à une crise de la langue française dans son contenu et dans son usage, en particulier chez les jeunes ?
Le phénomène n'est pas nouveau. Jusqu'ici on évoquait plus une anglicisation de la langue sous couvert de simplification (parfois de mode) dans un monde ouvert qui va de plus en plus vite et où la compréhension facile entre locuteurs est un enjeu majeur.
Désormais, l'inquiétude grandit à cause de deux phénomènes :
- d'un côté, l'apparition des nouvelles technologies, en particuliers les téléphones mobiles et les messageries instantannées (via internet), qui ont aboutit à la naissance de nouveaux modes de communications entre individus et de nouveaux langages, plus simples et rapides, où le français semble marquer le pas ;
- de l'autre, le langage des cités qui sort des barres parisiennes pour être adopté par la plupart des jeunes, on le retrouve également sur internet.
Ces nouvelles formes de langage amusent et intriguent, comme jadis, dans les années 60 avec l'argo. D'ailleurs, on assiste au retour de certains mots anciens ("Paname" pour Paris...) ou du "verlan" qui consiste à inverser l'ordre des syllabes. Mais ne nous y trompons pas, tous les français participent à ce phénomène consciemment ou non : en supprimant la fin de certains mots ("assoc" pour association, "alu" pour alluminum, "télé" pour télévision, ...), en utilisant des mots d'autres langues ("mail" pour courriel ou courrier électronique, "backstage" pour coulisses, "pitch" pour synopsis ou résumé, "kif" pour plaisir ou agréable, sympathique, "cool" un mot très passe-partout pour tranquille, calme, ou sympathique...) ou encore en utilisant des mots de manière passe-partout, quelque soit le contexte, appauvrissant ainsi le sens des mots : "trop", "grave", "top"...
Mais sur ce constat, les avis divergent. Certains y voient un vrai danger, un appauvrissement de la langue française, un fossé qui se creuserait entre couches sociales favorisées et défavorisées, d'autres y voient le symbole d'une culture communautaire qui s'ouvre, se démocratise. Je pense que c'est un peu tout cela à la fois. C'est à la fois rassurant mais tout autant inquiétant.
Ce qui me parait important c'est, non pas de combattre ces nouvelles formes de langages qui, au demeurant, ont toujours existé sous une forme ou une autre, mais de former à la linguistique, à la valeur et au sens des mots du français "classique" et également à l'utilisation que l'on peut en faire selon les contextes, c'est à dire le registre du langage.
Publié par gilleshuard à 17:35:35 dans Société | Commentaires (3) | Permaliens
21-03-2008 18:06
De moustaffa93 Sujet:
moi
21-03-2008 18:01
De Envinyatar
Sujet:
In French please... Url: [Liens]
Depuis le 24-09-2006 :
51854 visiteurs
Depuis le début du mois :
3441 visiteurs
Billets :
216 billets