<< Paris, la belle | Sarko et les médias : je t'aime, moi non plus ? | On était bien...! >>
Le Président de la République peine à retrouver des sondages favorables. Après son intervention télévisée nouvelle formule (plutôt réussie il est vrai), il n'a pas retrouvé les faveurs de l'opinion, mais qu'importe, ça le regarde ; l'essentiel n'est pas là, pour les français en tous cas.
Et pourtant, Nicolas Sarkozy a fait de son image l'élément central de sa stratégie de conquête du pouvoir. Et cela lui a plutôt réussi jusqu'à présent. Mais à coup de symboles par trop "bling bling" ou familiers voire populistes (le fameux "casse toi pauvre con"), il a laisse paraître l'image non pas d'un Président de la République qui sait prendre de la hauteur sur les évènements et sur les critiques, mais du toujours candidat qui dit les choses telles qu'il les pense et qui n'a pas peur d'aller au contact. Tout se passe comme si il avait oublié que les symboles que les images médiatiques véhiculent étaient parfois plus fort dans l'inconscient collectif que les discours, aussi sincères et profonds soient-ils. Quelle naïveté !...
Jusqu'à présent les médias ont été plutôt de son côté. Non pas qu'ils furent partisans (à quelques exceptions près !) mais comme bon client "vendeur" (les personnes adeptent d'un franglais de bon ton disent "bankable"), N.Sarkozy leur assurait de bonnes audiences ou de bonnes ventes de presse. C'était donc un échange de bons procédés.
Mais dès lors que la machine s'est enrayé, que la période de fascination pour le candidat puis Président "tout fou qui s'agite" non adepte de la langue de bois a tourné au vinaigre, alors les médias ont repris leur vrai métier, de communiquants qu'ils étaient devenus, ils sont revenus au journalisme. Nicolas Sarkozy en a perdu ses repères.
Alors, serait-elle là la vraie rupture ? Rien n'est moins sûr. Parmi les outils de communication dirigés ou son le contrôle de ses amis (Bolloré, Lagardère, Bouygues), il garde de nombreux contacts prêts à jouer présent et s'assurer du même coup un scoop, le jour l'ami Sarko a besoin d'un coup de main, que ce soit pour une couverture papier glacé d'un magazine ou une interview avec journaliste qu'il sait "bien pensant".
En revanche, il s'agace, s'ennerve, face à une presse qui se fait critique. Pire, il condamne. Et c'est là un vrai aveu de faiblesse, qui montre qu'il est sans doute dans une posture pire que celle qu'on veut bien lui prêter.
Mais après tout, n'est-ce pas le rôle de la presse que de contredire le pouvoir (quelqu'il soit) dès lors que celui-ci travestit des vérités, ou encore de faire de l'investigation face à des faits de société même s'ils peuvent être génants pour les majorités en place.
Autre hypothèse : ne serait-ce pas plutôt une stratégie volontairement adoptée, reprenant celle qui avait marqué le démarrage de François Bayrou dans les sondages durant la campagne présidentielle ? Peut-être. Sauf qu'en 2007, F.Bayrou était le petit candidat contre l'établissement, les pouvoirs en place et le bipartisme qu'on voulait imposer aux français. Sarkozy ne pourra jouer la même partition car représente le pouvoir en place puisqu'il est à sa tête...
Publié par gilleshuard à 13:38:41 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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