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Alors que Nicolas Sarkozy se prend le tapis avec sa majorité et ne cache pas ses critiques envers son premier ministre, François Fillon, que les couacs de sa majorité montrent le peu de soutien des députés à l'égard de certains de ses projets, on aurait pu imaginer que l'opposition socialiste aurait tiré profit de cette baisse de régime. Il n'en est rien.
Engluée dans ses dissensions internes, qui semblent déjà préfigurer ce que sera le futur Congrès de Reims à l'automne prochain chargé de désigner le prochain Premier secrétaire du partir, le PS est incapable de proposer une alternative crédible à l'UMP, mais se contente d'une opposition idéologique et stérile. Un bémol, lors de l'actuelle discussion sur la réforme des institutions, 17 parlementaires, dont le Député-Maire d'Evry et ancien proche de Lionel Jospin, Manuel Valls, ont courageusement signé un appel en direction de leurs collègues socialistes à voter la réforme des institutions proposée. Bravo à eux qui ont préféré mettre en avant les aspects positifs d'un texte censé renforcer la démocratie parlementaire, et qui leur ouvrira ainsi un espace supplémentaire pour contester les politiques qu'ils désapprouvent.
A l'opposé de cette attitude constructive qui devrait être celle de tout parlementaire, surtout compte tenu de l'importance d'une réforme constitutionnelle, les figures socialistes ont pour obsession d'être chef de file de leur mouvement. C'est Ségolène Royale qui a déclanché ce mouvement en se déclarant officiellement ; les autres, Manuel Valls, Pierre Moscovisci, Bertrand Delanoë, en attendant Jack Lang, Laurent Fabius, Martine Aubry ou qui sais-je, ne s'étaient pas encore déclaré ou tout juste "disponibles", l'expression pour dire qu'on attend que cela. Bref la campagne interne de la Présidentielle de 2012 est déjà lancée et elle risque de faire de fort dégâts puisque l'on préfère travailler la forme, l'enveloppe, que le fond du discours et du programme, et sur la stratégie d'alliances.
Et pourtant, c'est bien là qu'on attend les socialistes. Le PS deviendra-t-il enfin ce grand parti européen, décentralisateur, écologiste, et socio-libéral que les centristes espèrent, à l'image des socialistes espagnols, italiens, anglais ou allemands ou continuera-t-il à afficher le chaud et le froid, quitte à concilier l'inconciliable en acceptant l'économie de marché et en faisant alliance avec les communistes et la gauche alternative ? Nous le saurons, sans doute, peut-être, un jour...
Publié par gilleshuard à 23:57:30 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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