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En matière de droits de l'homme l'essentiel n'est pas de participer mais d'avoir des idéaux, des valeurs, des convictions et de s'y tenir.
Je me rappelle le discours mémorable de Nicolas Sarkozy sur les droits de l'homme, prononcé le 13 mars 2007, il y a donc un peu plus d'un an, durant la campagne présidentielle. J'avais admiré ses mots qui disaient :
" Les droits de l'homme sont, pour toutes les démocraties du monde, à la fois un point de départ et un horizon qui se déploie toujours devant eux. La France ne fait pas exception, et il appartiendra au prochain président de lui faire franchir de nouvelles étapes dans la préservation et la conquête des libertés.
Je veux être le Président d'une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes. Le Darfour est un scandale inacceptable, la Tchétchénie une horreur, les infirmières bulgares en Lybie, une barbarie, Ingrid Bettancourt dans la jungle colombienne une tragédie. Président de la République, je ne me taierai pas devant ces insultes aux droits de l'homme.
Je ne passerai jamais sous silence les atteintes aux droits de l'homme au nom de nos intérêts économiques. Je défendrai les droits de l'homme partout où ils sont méconnus ou menacés et je les mettrai au service de la défense des droits des femmes."
Certes, il y eut son implication dans la libération des infirmières bulgares ou sa contribution à faire pression pour la libération d'Ingrid Bétancourt, mais son attitude concernant la Chine, et notamment ses relations avec le Tibet, efface presque tout le reste. C'est une claque aux droits de l'homme qu'il vient de donner en annonçant discrètement, par un communiqué, qu'il se rendrait à la cérémonie d'ouverture des J.O. à Pékin. Alors qu'il n'hésite pas à défendre et marteler ses prises de positions, cette fois il reste discret, preuve qu'il n'est pas à l'aise. Et le fait qu'il préside l'Union européenne qui doive l'amener à privilégier un certain consensus n'excuse rien.
Pire, l'avertissement, voire l'intimidation faite par l'Ambassadeur de Chine en France en cas de réception du Dalaï Lama, a le goût de l'humiliation et renvoie à une réalité : Sarkozy n'est pas Chirac, qui sur ce point (même si on pouvait lui repprocher beaucoup de choses par ailleurs) n'aurait jamais laissé la France subir un tel affront. La France peut donc se laisser mener par le bout du nez par la Chine alors que l'Allemagne et la Grande-Bretagne restent droits dans leurs bottes.
Espérons comme l'a dit Jack Lang qu'il profite de sa présence en Chine pour réafirmer les valeurs et positions de la France et de l'Europe en faveur des droits de l'homme. Rien n'est moins sûr...
Publié par gilleshuard à 22:04:28 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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