Les 29èmes jeux olympiques viennent de s'achever ce soir avec une cérémonie de clôture magnifique. J'ai passé 15 jours passionnants sur mon canapé (ou presque) à admirer ces formidables champions et de superbes performances, à découvrir et essayer de comprendre des sports qui m'étaient jusqu'alors inconnus ou méconnus. Tous les 4 ans c'est le même rituel, une forme de communion des émotions entre les sportifs que l'on attend et qui sont au rendez-vous, ceux que l'on attend pas qui créent la surprise et ceux que l'on attend trop et qui échoue dans leurs (nos) ambitions (alors que parfois ils remportent de magnifiques médailles d'argent ou de bronze). Des émotions de joie ou de tristesse intenses, des histoires de vie d'abord pour ces sportifs qui consacrent dans de temps, de souffrance et de préparation à nous faire réver, des histoires humaines individuelles ou familiales qui permettent à ces sportifs d'être ce qu'ils sont... tout cela permet d'aboutir à un rendez-vous magnifique.
Pour l'Equipe de France (toutes disciplines confondues), même si le nombre de médailles d'or est moindre qu'à Athènes ou Sidney, le bilan global de 40 médailles est plus que positifs et montre la variété de l'engagement sportif français. Le bémol est évidemment à adressé à la discipline phare, l'athlétisme, qui nous a laissé sur notre faim ; mais cela a déjà été largement commenté, je n'en dirai pas plus... Je préfère retenir tous ces exploits : de la lutte au VTT, du handball à la natation, de la boxe à l'aviron en passant par l'escrime, tous nous ont ravi, c'était génial !
Ces jeux resteront dans l'histoire comme les jeux du paradoxe à tous points de vue. Par leur dimension et leur coût, l'organisation qu'on dit impeccable, la suprématie sportive de la Chine qui en a irrité plus d'un (moi le premier !), ... des jeux qui ont rempli leur contrat sur le plan sportif et de l'organisation mais qui n'ont pas réussi à faire oublier le contexte politique chinois, l'atteinte à la liberté d'expression qu'à subi la presse, les arrestations des manifestants soutenant la cause du Tibet. Je n'oublie pas non plus que le pari environnemental a été gagné à coup de fermeture de toutes les usines de la ville et de circulation alternée des automobiles durant les jeux ; que de nombreux travailleurs ont connu le chômage technique voire des licenciements à cause des jeux, une fois que toutes les installations étaient en place à temps.
Certains diront qu'au contraire de couper la Chine du reste du monde, ces jeux lui auront permis de se frotter aux autres peuples (elle le fait déjà à chaque jeux !), pour (peut-être) engager des réformes lentes vers plus de démocratie. Je suis moins optimiste, la réussite de ces Jeux peut aussi servir au pouvoir chinois pour légitimer son système qui, finalement, arrive à produire des effets "positifs" et mettre la Chine sur le devant de la scène. Nous verrons dans les prochains mois ou années quel est le scénario qui se réalisera...
Publié par gilleshuard à 23:04:39 dans Sport | Commentaires (0) | Permaliens
Comme mes lecteurs habituels le savent désormais, je suis très attaché à la langue française. Plutôt mauvais en orthographe durant ma jeunesse, j'ai eu une formidable professeur de Français lorsque j'étais en 5e, 4e et 3e, ce qui m'a permis de prendre un peu goût à la lecture, de faire des progrès fulgurants, et finalement de me passionner pour le Français. Aujourd'hui encore et toujours de progresser et de perfectionner en particulier mon style d'écriture et ma syntaxe (on peut toujours mieux faire).
Je ne résiste pas à vous faire partager ma trouvaille, un texte qui présente les impropriétés et incorrections fréquentes dans les écrits de presse.
1. Y afférant / afférent : "Afférent" est un adjectif ; le verbe "afférer" n'existe pas. On dit donc "toutes les études afférentes" (et non "y afférant").
2. Alternative / éventualité - Perspective - possibilité - solution : On dit "Les travaux ont été entrepris dans la perspective (et non "l'alternative") de leur rentabilité" . L'"alternative" représente l'option possible entre deux éléments ; choisir entre deux alternatives est une absurdité.
3. Avatars / mésaventures - aventures - accidents - incidents : "Les accidents (et non les "avatars") ont été nobmreux durant le rallye Paris-Dakar". Les avatars désignet les transformations, parfois nombreuses, que peuvent subir les êtres ou les choses.
4. (S')avérer / Se révéler : "Son affirmation se révéla (et non "s'avéra) exacte (ni même s'avera fausse)". S'avérer signifie faire admettre pour vrai. Dès lors, "s'avérer exact" et "s'avérer vrai" entraine un pléonasme ; l'expression "s'avérer faux" est un non sens.
5. Clôturer / clore : On dit "Le président vient de clore (et non " clôturer") le débat", même si la séance conclusive est dite "de clôture". "Clôturer" signifie "entourer d'une barrière".
6. Commémorer / fêter, célébrer : "On vient de célébrer l'anniversaire de la victoire" (et non "de commémorer l'anniversaire de..."), parce que "commémorer" signifie "rappeler le souvenir d'une personne, d'un événement" et "anniversaire" représente le "retour annuel d'un jour marqué par un événement". On ne saurait donc commémorer l'anniversaire, mais on le célèbrera.
7. Conséquent / grand, important, considérable : "Nous avons dû accomplir un effort considérable, et non "un effort conséquent", "conséquent" signifiant "qui se comporte logiquement".
8. Constat / constatation : "La constatation est évidente : les diplômes s'obtiennent de haute lutte" et non "le constat est évident", parce que le mot "constat" relève du langage juridique. On parlera de "constats de police", de "constats d'assurance".
9. Culturel / cultuel : "Les églises, les temples, les synagogues et les mosquées sont des édifices cultuels", et non "culturels", puisqu'ils sont destinés à la célébration d'un culte.
10. Débuter / commencer, entamer : "Ils ont entamé le match", "ils ont commencé la représentation", et non "débuté le match ou la représentation", "débuter" etant un verbe intransitif.
A SUIVRE...
Publié par gilleshuard à 23:32:01 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
A travers chacun des moments de sa vie, de l'école primaire à son entrée dans la vie active, Alexandre raconte ses sentiments et ses expériences, ne laissant pas de côté le moindre détail. Il retrace son enfance et son adolescence, deux périodes de sa vie qui nous sont proches parce que nous pouvons nous y identifier à bien des égards. On comprend aussi qu'il n'est pas toujours facile de "subir" la pression sociale, familiale ou religieuse ; il vit une adolescence classique mais pas toujours heureuse. Il apprend à s'endurcir avec les expériences. Ses premiers émois ne nous laissent pas indifférents.
Un roman frais et agréable à lire en période d'été et auquel on peut s'identifier facilement quelque soit son vécu...
Publié par gilleshuard à 21:02:49 dans Lectures | Commentaires (0) | Permaliens
Je viens de regarder la cérémonie d'hommage de la Nation aux 10 soldats français tués en Afghanistan. L'émotion était perceptible, je l'ai ressentie également. Un cérémonie sobre, digne, oecuménique ponctuée par un éloge funèbre du Président Sarkozy au ton juste, digne et émouvant dont j'ai partagé chacun des mots, qui donnait bien le ton de la communion nationale qui règne dans le pays autour des familles des soldats.
Une émotion qui ne cache pas des interrogations et éventuellement peut-être, plus tard, la polémique. L'enquête permettra de savoir ce qui s'est passé exactement ; le débat qui s'annonce au Parlement aurait pu permettre une vraie confrontation d'idées sur l'opportunité de notre présence en Afghanistan, mais le Président a déjà légitimé cette présence et indiqué qu'elle serait poursuivie. Dire le contraire eut sans doute été un propre désaveu de sa stratégie.
Le Président a avoué mesurer par ce drame le poids de ses responsabilités en tant que chef des armées. Je le comprends. Il a pris la décision de renforcer la présence militaire française en Afghanistan, un pays enfoncé dans un bourbier incomensurable où les forces occidentales semblent impuissantes. Face à ce "nouveau Vietnam", la présence d'une coallition internationale, la présence de 25 des 27 Etats de l'Union européenne a-t-elle encore un sens ? Combien d'autres drames y aura-t-il encore ? Certes, les militaires participent à une mission qui vise à pacifier le territoire et rétablir à terme un ordre démocratique, mais à quel terme, et dans quel contexte ? Alors que l'on a vu une avancée majeure des talibans sur le territoire afghan qui sont désormais aux portes de Kaboul, il y a de quoi s'interroger... Je ne sais pas ce qu'il convient de faire, j'admire l'action de nos soldats mais je suis inquiet pour l'avenir car je ne vois pas d'issue dans la logique actuelle. Sans doute convient-il de changer notre stratégie et celle de l'OTAN dans la région. Une option qui semble prendre le pas, affaire à suivre...
Mais en ce jour, je préfère rester dans le registre de l'hommage et exprimer ma compassion aux familles...
Publié par gilleshuard à 13:03:00 dans Politique France | Commentaires (1) | Permaliens
Alors que j'étais en vacances en Turquie, à sa frontière, en Georgie se déroulait un conflit dramatique entre la petite Georgie et la géante Russie venue soi-disant défendre les populations séparatistes d'Ossétie du sud et d'Abkhazie. La première aspire a se réunifier avec l'Ossétie du Nord de laquelle elle a été séparée lors du démantèlement de l'ex-URSS ; la seconde est clairement pro-russe. La présence de troupes russes à 40 kms de Tbilissi, la capitale géorgienne, m'inquiète et me laisse perplexe.
Elle m'inquiète car elle en dit long sur la stratégie de la Russie vis à vis du reste du monde. La santé économique retrouvée, la Russie développe des relents de nationalisme qui mettent gravement en danger la région, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
Elle me laisse perplexe car si je soutiens le principe de "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", c'est à dire le droit reconnu des peuples à être souverains et libres, je m'interroge sur la motivation de Moscou dans la démarche entreprise mais aussi sur ses méthodes. Loin de défendre les plus faibles, car l'exemple de la Tchétchenie nous montre que c'est loin d'être sa préocupation, la Russie a engagé un bras de fer visant à mettre la Georgie "à sa botte" et à faire payer à l'ancien allié son passage dans le camps occidental. Veut-elle de nouveau satelliser ses pays voisins. Encore trop tôt pour le dire.
Tout ceci se déroule sous les yeux de l'Europe et des Etats-Unis qui semblent impuissants. Les Etats-Unis tentent de défendre mollement l'allié géorgien, mais craignent la réaction russe et d'alimenter une nouvelle guerre froide que tout le monde croyait loin. D'ailleurs, le Président Georges Bush n'a-t-il pas déclaré dans un discours ferme "Par ses actions de ces derniers jours, la Russie a compromis sa crédibilité et ses relations avec les pays de monde libre ... Le monde a vu avec inquiétude la Russie envahir un Etat voisin souverain et menacer un gouvernement démocratique élu par son peuple ... Cet acte est absolument inacceptable pour les nations libres de la planète." Ce discours est fort et clair. Mais une fois prononcé que va-t-il faire si la Russie ne plie pas, ce que je n'imagine même pas tant ce serait faire aveu de faiblesse (ou de responsabilité...)
On se rappelle qu'en 1990 lors de la 1ère crise en l'Irak, son père avait été encore plus ferme. Cette fois, Georges Bush à quelques mois de la fin de son mandat est au pied du mur : va-t-il laisser tomber l'allié géorgien, montrant que celle-ci n'était que purement stratégique et intéressée, et donc finalement avec la même optique que celle de la campagne russe actuelle ? Si Bush, reste fidèle à son alliance et sauf à ce que la Russie revienne en arrière, on peut craindre une crise politique grave aux portes de l'Europe. Il y a un certain relent de guerre froide dans tout cela
Et que dire de l'Europe ? Empétré dans son double discours sur les droits de l'homme et son amitié pro-russe et pro-américaine, Nicolas Sarkozy semble réaliser un service minimum avec une proposition de cessez-le-feu qui n'inclut même pas la reconnaissance de la souveraineté géorgienne (sans doute pour mieux faire signer les russes). L'Europe de la défense qui n'existe pas encore, et voit sous ses yeux un de ses membres, la Pologne, qui va accueillir des bases américaines permettant le tir de missiles de moyenne portée ; tandis que l'Europe politique peine à émerger tant que des institutions claires n'auront pas été adoptées. QUAND EST-CE QUE L'EUROPE SERA ENFIN A LA HAUTEUR ?!!!
Mais que dire des peuples des deux camps qui pendant ce temps souffrent, sont certainement très loin de ces discussions de salons et ne demandent qu'à vivre dignement et pacifiquement.
Publié par gilleshuard à 14:59:30 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
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