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Quand n'importe Président de la République passe à la télévision c'est toujours un évènement, d'autant plus quand il se fait rare dans les médias. On se dit, s'il y vient, là, maintenant, c'est que le moment est important ou qu'il a quelque chose d'important à dire ou annoncer.
Avec Nicolas Sarkozy qui a l'habitude de faire son show dans les médias, on pouvait se demander ce qu'il pouvait dire de plus qu'il ne pouvait pas dire les autres jours. C'est que le moment est important : la crise se répand à travers le monde et les inquiétudes grandissent. Il était urgent que le Président vienne étendre les braises de la contestation, qu'il rassure et qu'il donne un cap.
Avait-il quelque chose d'important à annoncer ? On pouvait s'y attendre. Beaucoup ont été déçus. Alors qu'est-ce qu'à donc apporté cette émission ?
Sur la forme, rien de changé. Un décord gaullien où le Président est chez lui ; des journalistes triés sur le volet, n'assurant pratiquement jamais la contradiction et la relance, c'est à dire le vrai travail du journaliste non impressionné par le dorures de la République. Le Président a mené la discussion du début à la fin dans un quasi monologue qui a agacé nombre de télespectateurs. Bref, il a fait son show, avec habileté, mais sans le brio ou l'humour qu'on lui a connu ; mais c'est la crise, tout s'explique...
Sur le fond, rien de changé non plus, enfin en apparence. Il a fait une annonce forte, c'est à dire la suppression de la taxe professionnelle en 2010 sans annoncer quelle en serait la contrepartie pour les principaux bénéficiaures, les communes et intercommunalités. Si les élus locaux ne faisaient pas encore partie des inquiets de la crise, cette fois-ci ils le seront. Cela s'appelle la solidarité ! Pour le reste, renvoyant nombre de réponses de ses interlocuteurs aux concertations avec les syndicats le 18 février, il a semblé hésiter, ne pas maîtriser la situation. Il a fait preuve d'une vrai inquiétude vis à vis de grands mouvements sociaux qui pourraient naître de la crise ; on le comprend.
S'il a clairement indiqué que le cap restait le même, il a indiqué comprendre les souffrances populaires et souhaiter qu'un effort soit fait en faveur des plus touchés. Dans les pistes énoncés ce sont clairement les couches populaires et les classes moyennes qui sont visées. Tout cela étant renvoyé au 18 février, dans un contexte de révolte universitaire grandissante, on a clairement l'impression qu'il a joué la montre car quand il le veut, c'est à dire le plus souvent, il décide, sans concertation, et par surprise. Là il a fait preuve de malaise, d'incertitude, bref il n'a pas rassuré, bien au contraire...
Publié par gilleshuard à 15:33:23 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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