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La passion du monde

Le blog de Gilles Huard

Retraites, le grand test | 12 septembre 2007

Ca y est nous y sommes !

Après une campagne électorale présidentielle faite de nombreuses promesses, après la victoire nette de Nicolas Sarkozy et la mise en place d'une nouvelle équipe, d'une nouvelle méthode, d'un nouveau style, il fallait entrer dans le vif du sujet, la rupture annoncée, nous y sommes.

Le Président hyper-actif est désormais au pied du mur. On nous a promis que les choses allaient changer, que les réformes de fond promises seraient mises en oeuvre contrairement à un ancien Président (suivez mon regard... !). On nous garantit que les français attendent cela au point de manifester une certaine impatience, on verra. Quoiqu'il en soit, le Président ne peut plus reculer. Temporiser est déjà décevoir. Le semi camouflet qu'il vient de signifier publiquement au premier ministre François Fillon qui s'est déclaré prêt à la réforme des régimes spéciaux n'attendant qu'un signe que son complice de Président, en stigmatisant son manque de méthode, risque d'apparaître aux yeux des français au pire comme un début de reculade, au mieux du doute ou de la prudence, en tout cas une première fissure dans le couple exécutif.

Mais quelle est-elle justement cette méthode ? Faire des effets d'annonce, provoquer le débat ou provoquer tout court, prendre les français à témoin, aller loin dans les annonces et propositions pour mieux revenir, nuancer et apparaître comme le meilleur Président d'ouverture et de négociation que la France n'ait jamais connu. Malin, efficace si l'on en croit la côte de popularité du Président, mais risqué à terme. Les espoirs fondés sont inversement proportionnels à la déception des partisans de Président d'un genre nouveau, brisant les lignes, bouleversant les repères. Mais l'important est le résultat et non la forme, l'affichage.

La France a souffert de sclérose durant de nombreuses années que droite et gauche ont dénoncé durant la campagne électorale pour préconiser des changements majeurs. Cette fois nous y sommes. Cet alignement des régimes spéciaux sur le régime général (et non celui des fonctionnaires) doit être mis en oeuvre. C'est une question d'équité et de préservation du système de retraite pour l'avenir.

Alors un peu de courage ! sinon on peut imaginer que l'espoir que certains ont mis dans le volontarisme de Nicolas Sarkozy retombera vite et que les 5 prochaines années seront à nouveau perdues. Et c'est quelqu'un qui n'a pas soutenu Sarkozy qui vous le dit. A suivre...

Publié par gilleshuard à 22:11:46 dans Politique France | Commentaires (1) |

"The Bubble" (Film vu le 4/08/07) | 29 août 2007

The Bubble est un super film que j'ai failli rater pour aller voir "Transformers", rendez-vous compte de l'erreur ! Il s'agit de l'histoire de trois jeunes israéliens, Noam, disquaire, Yali, gérant de café, et Lulu, vendeuse, colocataires dans un quartier branché de Tel-Aviv, symbole de cette "bulle", surnom donné à la ville. D'abord on suit leur vie quotidienne quasi déconnecté de la réalité des territoires et des conflits politiques qui agitent le pays, mais très vite leur quotidien va pourtant être bouleversé par l'arrivée d'Ashraf, un Palestinien dont Noam tombe amoureux lors d'un incident au Check Point de Naplouse.

En dehors d'une histoire d'amour entre homosexuels (ce n'est pas le 1er film sur le sujet), ce qui est intéressant c'est évidemment le fait que l'un soit palestinien, l'autre israelien, dont le contexte que l'on connait, mais aussi la manière dont les barrières politiques et religieuses de chacun vont tomber pour laisser place à l'amour.

J'ai aimé la construction de ce film dont l'histoire nous emporte, son optismisme durant le film, son humour et ses personnages tous attachants (chaque personnage vit une histoire que l'on veut suivre) mais aussi sa fin réaliste qui ne nous laisse pas le goût amer de la mièvrerie des films à l'eau de rose où l'on laisse croire que tout est simple, il suffit de le vouloir. Loin de cela, le film décrit la vie, faite de la rencontre, de la différence et de l'amour mais aussi faite d'épreuves et de dures réalités.

A VOIR ABSOLUMENT

Publié par gilleshuard à 11:00:32 dans Cinéma | Commentaires (0) |

Album de voyage en 2007 : Espagne & Portugal | 26 août 2007

Les vacances sont décidément terminées !

Il me restera en mémoire un été pourri côté météo, la tristesse de la perte de deux figures, une du cinéma Michel Sérault (j'y reviendrai dans un autre billet) et une de la politique Raymond Barre qui, malgré ses dérapages récents et bien regrettables que je préfère mettre sous le compte d'un âge avancé, restera comme un homme d'Etat droit qui aura compté dans les institutions de la cinquième république.

Mais maintenant je préfère rester sur ces vacances passées en Espagne (Cantabrie, Asturies, Galice) et Portugal. Tant de visages rencontrés, de villes, villages, architectures et paysages, et coutumes découverts. J'adore décidément cela. Partir en ayant juste une idée de son parcours, et découvrant les étapes au fil des kilomètres accomplis avec ma fidèle voiture, avec la liberté de s'arrêter dans ce village jusqu'alors inconnu, ou de prolonger la découverte d'une ville.

Plus que les musées ou multiples églises, ce qui m'intéresse ce sont les ambiances, les saveurs, la culture locale, et surtout les gens. Alors n'y a-t-il pas mieux que des pays où l'on vit le soir et la nuit pour faire des rencontres et s'imprégner de cette différence qui enrichit tant...

Découvrez mon voyage dans mon album photo de cette année. N'hésitez pas à me faire vos commentaires...

Publié par gilleshuard à 17:52:04 dans Découverte du monde | Commentaires (0) |

Les gouvernements de l'ombre | 05 juillet 2007

Il ne s'agit pas de désigner les bandes ou groupuscules qui agissaient secrètement durant la résistance l'occupant nazi lors de la seconde guerre mondiale. Non ce n'est cela.

On est décidément entré dans une nouvelle ère politique, qui s'annonce tout aussi passionnante qu'inquiétante...

Passionnante parce que la rupture annoncée est devant nous et se déroule sous nos yeux. Un Président volontariste qui agit sur tout les fronts et qui prend la parole quasi quotidiennement ; un Chef de l'Etat décidé (une fois n'est pas coutume) à mettre en oeuvre les réformes promises. La présidentialisation est en marche. N.Sarkozy agit avec une énorme habileté, que sans sa fougue irritante, on pourrait comparer au fin stratège qu'était F.Mitterand. Sa politique d'ouverture rassure le peuple de gauche, séduit les courtisans du pouvoir et est gage d'encouragement pour les réformes importantes mais douloureuses pour la nation qui sont à venir.

Passionnante aussi, la nouvelle pratique que souhaite développer Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'assemblée nationale en créant un cabinet fantôme, un gouvernement de l'ombre, chargé de suivre "à la culotte" l'action de l'ensemble des ministres du gouvernement. Une occasion pour faire entrer de nouvelles figures, dépoussiérer un appareil en mal de renouvellement, ce qu'à bien compris l'éléphant Dominique Strauss Kahn.

Cette ère politique est également inquiétante. Le Président apparait omnipotent et laisse un espace réduit à son gouvernement qui agit presque dans l'ombre, dans son ombre certes, mais sans réelle capacité de jouer le quelconque rôle de paravent en cas de difficultés. C'est exactement ce qu'il cherche mais qu'arrivera-t-il alors s'il ne peut faire sauter le fusible que consituait jusqu'alors le 1er ministre. Sans doute parie-t-il sur un total succès... pari risqué !

Mais une ère surtout inquiétante car si N.Sarkozy a plus de pouvoir qu'aucun Président jusqu'alors, le Parlement quant à lui en a de moins en moins. L'Assemblée nationale ne sera plus la chambre des débats sociaux et sociétaux sur les lois. Tout sera réglé en amont entre le Président et les partenaires sociaux, à l'Elysée, le Parlement ne sera dès lors qu'une chambre d'enregistrement des décisions. Les députés l'accepteront-ils ?... Et surtout changer la nature du régime sans changer la constitution de manière démocratique c'est à dire avec l'assentiment du peuple ou de ses représentants, voilà qui inquiéterait les plus fervents démocrates, dont je suis...

Publié par gilleshuard à 00:09:54 dans Politique France | Commentaires (0) |

La vague bleue qui fait pchitt ! | 23 juin 2007

Dûr dûr la politique. Eh oui ! Après être revenu en ayant changé disait-il, et reconverti au développement, Alain Juppé qui avait été réélu triomphalement à la Mairie de Bordeaux, et bénéficié après la présidentielle d'un ministère d'Etat, 2ème personnage du gouvernement, s'en est allé dimanche dernier, battu aux élections législatives. Cela reste le symbole de cette élection qui annoncait destructrice pour la gauche et prometteuse pour l'UMP. Il n'en a rien été. Localement, A.Juppé qui garde une grande popularité chez les bordelais (j'ai pu le vérifier hier où je suis allé pour le travail et en parlant avec plusieurs personnes), a subi un retour ministériel trop rapide et une certaine arrogance dont on le croyait débarassé.

Au niveau national, c'est bien à rééquilibrage auquel on a pu assister. Le Président Sarkozy a désormais la majorité lui permettant de mettre en oeuvre la politique pour laquelle il vient de se faire élire, c'est là bien normal. Mais il aura en face de lui une vraie opposition qui voit son nombre de siège augmenter. Une opposition qui aura la charge d'être crédible, de proposer les amendements permettant la modification des mesures qui iraient trop loin ou pourraient être mal vécues.

Le véritable scandale de cette assemblée c'est qu'elle ne reflette en rien la réalité politique du pays. Le parti communiste à 2% qui bénéficie d'environ 15 sièges, le Mouvement Démocrate qui fait 7% en voix au national qui n'a que 4 sièges, le Nouveau centre qui fait 2% qui a 21 sièges... A quand la réforme du mode scrutin ? Sarkozy n'en veut pas et propose de dose minimale de proportionnelle, on verra ...

C'est en tous cas un sérieux avertissement pour le nouveau Président. Les français aiment conserver la liberté de leur vote et qu'on ne leur annonce pas les résultats à l'avance. Tout cela est plutôt rassurant et me plait bien. En plus, annoncer des mesures entre les deux tours alors que celles-ci n'ont ni été étudiées, ni validées, voilà qui relève du suicide électoral ; une bonne leçon pour ce cher Borloo que pourtant j'aimais bien.

Publié par gilleshuard à 18:08:54 dans Politique France | Commentaires (0) |

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