Ce soir, en écrivant ces quelques lignes, j'éprouve une grande émotion...
En 1992, alors que j'étais étudiant à Tours, je faisais souvent de l'auto-stop ; de ce fait, je prenais souvent également des auto-stoppeurs. Une fois j'ai ramené dans ma vieille 2 CV 4 étudiants étrangers qui rentraient du centre ville vers leur résidence universitaire au sud de Tours : une espagnole, une italienne, une hongroise et un hongrois. Tous étudiaient en français. On a beaucoup discuté, c'était très sympa. Je les ai quitté leur laissant mon n° de tel... au cas où...
Ils m'ont contacté 2 semaines après pour une fête qu'ils organisaient... C'était parti. Pendant un an j'ai vécu au rythme de leurs soirées ; je leur ai fait découvrir des coins de touraine, mes parents les ont invité une fois, une belle amitié s'est constuite. Je suis allé chez l'amie italienne, à Florence durant plusieurs jours. Durant les deux ans qui ont suivi, je suis resté en contacts étroits avec mon ami hongrois, Gabor. Il est parti, on a continué à correspondre, un ou deux ans, mais la vie à fait son oeuvre.
Relisant mes courriers reçus de cet ami avant les fêtes, j'ai tenté de lui écrire, n'étant pas sûr que l'adresse serait encore valable. Eh bien oui ! Je viens de recevoir un courrier électronique où il me raconte sa vie depuis 12 ans ...!
Sans trahir sa confiance, il m'exprime ses difficultés dans la vie hongroise d'aujourd'hui, malgré son diplôme de docteur en droit, à trouver un travail qui corresponde à sa formation, mais aussi tout simplement un travail qui permette de vivre correctement. Il me décrit une classe politique faite de menteurs et avides de pouvoir, mais plus grave où la méfiance, la négligence, la résignation construisent l'esprit collectif, où l'on doit abuser avant d'être abusé soi-même ; où le droit de travail est baffoué ou inexistant [on fait signer aux femmes une déclaration intégrée dans le contrat de travail où elles promettent qu'elles n'auront pas d'enfants ; les heures supplémentaires au-delà des 40 légales ne sont pas ou peu payées] ; où l'inflation peut atteindre 100 % sur certains produits (chauffage)...
Il cherche à quitter son pays et je le comprends.
Je suis très heureux de ces retrouvailles amicales ; je le suis moins de ce qu'il m'écrit sur la situation de son pays, la Hongrie, qui me fait penser une fois de plus que l'on ferait mieux de regarder autour de nous car il y a plus à plaindre que nous même...
Publié par gilleshuard à 21:10:52 dans Coup de coeur | Commentaires (1) | Permaliens
On pouvait le prévoir, je l'avais prévu (pas écrit sur mon blog, dommage pas de preuve !), Nicolas Hulot ne sera effectivement pas candidat à l'élection présidentielle.
Il portait un espoir ou plutôt plusieurs espoirs. L'espoir de voir le thème de l'environnement mis au coeur du débat politique des présidentielles de manière sérieuse, hors des clivages politiques traditionnels comme c'était le cas jusqu'alors qui finalement amènent à faire de l'écologie une préoccupation prise en otage par l'extrème gauche et de ce fait abandonnée par les autres.
Habilement et sereinement, usant des médias qu'il connait si bien, avec le verbe qu'on lui connait, il a su imposer ce thème de la préservation de la planète et du nécessaire engagement ambitieux du prochain Président de la République en faveur de la protection de l'environnement.
Pour expliquer son retrait, il avance l'engagement qu'il a pris avec les autres candidats qui ont signé son pacte écologique à se retirer s'ils prenaient en compte ses préoccupations et les axes principaux du pacte dans leurs propres programme. Il l'ont fait, il se retire...
J'ai toujours fait miennes l'idée de protection de l'environnement, avec parfois des divergences avec mon entourage sur la manière de les mettre en oeuvre, j'étais même prêt le cas échéant à voter pour sa candidature tant sa crédibilité et son engagement m'apparaissaient être à la hauteur de l'enjeu défendu, cet espoir s'en va et à mon sens, ce n'est certainement pas Dominique Voynet ni les autres candidats malgré leur signature du pacte écologique qui pourront mener à sa place son combat, et encore moins (on peut lancer les paris !) mettre en oeuvre ce qu'ils ont signé. Je ne demande qu'à être convaincu du contraire !
En effet, on peut se demander si de cette aventure ne restera qu'un amer souvenir d'une candidature d'un animateur de télévision lors d'une élection présidentielle de 2007, à la suite d'autres personnalités de la société civile, dont un fameux humoriste de nombreuses années auparavant, Coluche.
A la fin de son annonce, Nicolas Hulot demande à ce que les déçus de son retrait continuent son projet en signant et faisant signer son pacte écologique. Vous le trouverez en cliquant sur le lien suivant : http://www.pacte-ecologique-2007.org/nicolas-hulot/
Publié par gilleshuard à 22:26:09 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
L'abbé Pierre a quitté ce monde ce matin. Il laissera l'image d'un homme bon, honnête qui a donné toute sa vie au service des plus pauvres, les sans logis. Il laissera ces nombreuses communauté d'abord en France puis à travers le monde. Ouvrant les Communautés d'Emmaüs à tous les pauvres, qu'ils soient croyants ou non croyants. Il a compris très tôt que les médias serviraient sa cause. Il savait s'appuyer sur eux, il en usait sans en abuser.
Pour les chrétiens et les humanistes, l'Abbé Pierre restera un grand témoin de son temps, acteur des causes difficiles, allant jusqu'au bout de sa foi, de sa fatigue ou de la maladie pour interpeler en permanence des décideurs, qui pèsent, qui permettent de concrétiser sa lutte.
Il aura redonné sa dignité à de nombreux hommes et femmes, évitant tout assistanat, permettant à ceux qui frappaient à sa porte de rester debout en travaillant au service de la communauté, de ses frères.
L'abbé Pierre nous manquera tant son visage et sa parole nous étaient familiers. Il faisait partie de la famille ... des hommes
Publié par gilleshuard à 21:50:53 dans Foi et conscience | Commentaires (0) | Permaliens
Lors d'une visite à Londres le 10 septembre 1956, Guy Mollet rencontre son homologue britannique Anthony Eden. La France vit alors des heures difficiles. La guerre fait rage en Algérie depuis deux ans déjà et le président égyptien Nasser a décidé de nationaliser le Canal de Suez. C'est d'ailleurs en préparant une intervention militaire pour récupérer le canal que Guy Mollet a proposé la réalisation d'une «union politique» avec la Grande-Bretagne. Cette proposition est rapportée dans un document officiel du cabinet britannique selon lequel «lorsque le Premier ministre français, monsieur Mollet, était récemment à Londres, il a soulevé avec le Premier ministre (Anthony Eden) la possibilité d'une union entre le Royaume-Uni et la France».
Mollet était désespéré par l'«affaire Nasser». Il était aussi un anglophile convaincu qui admirait les Britanniques pour leur aide indéfectible lors des deux guerres mondiales. Une dernière raison explique ce plan radical. Des tensions montaient alors entre la Jordanie et Israël. La France étant un allié d'Israël et les Britanniques de la Jordanie, soldats français et anglais auraient pu se retrouver face à face et s'affronter si jamais les deux pays du Proche-orient décidaient de faire la guerre.
L'idée de Guy Mollet a finalement été repoussée, mais il a par la suite évoqué la possibilité d'adhérer au Commonwealth, ce qui aurait fait de la reine Elisabeth II le chef de l'Etat français. Cette proposition n'a pas non plus été retenue par les Britanniques, selon la BBC qui n'en précise pas les motifs.
«La France et la Grande-Bretagne auraient-elles dû fusionner ?», interroge la BBC sur son site. Et propose (en français dans le texte) trois réponses possibles: «oui», «non», «je ne sais pas»... Les Anglais ne sont pas si francophobes que ça qui, à 13 h 15, n'étaient «que» 57 % à considérer que cela aurait été une mauvaise idée.
Publié par gilleshuard à 21:44:36 dans Insolite | Commentaires (1) | Permaliens
Je ne comprends pas bien ce que Ségolène Royale est allée faire en Chine. "Mieux comprendre cette partie du monde" dit-elle. Voilà qui est inquiétant. Cette qui fut ministre plusieurs fois va, à trois mois et demi de l'élection à la magistrature suprème de la France, à la découverte d'un pays aussi majeur que la Chine. Bonne idée diront certains. Moi je dis inquiétant. On n'acquière pas la stature internationale nécessaire à la fonction présidentielle en trois mois. On ne connait pas les problèmes du monde, aussi complexes et imbriqués soient-ils en trois mois.
Evidemment, on l'aura compris, il s'agissait une fois de plus d'une opération de séduction qui a plutôt fonctionné. Côté contenu, je reste sur ma faim. A part l'invention de nouveaux mots dans la langue française, on n'en sait toujours pas plus...
Publié par gilleshuard à 22:01:44 dans Présidentielle 2007 | Commentaires (0) | Permaliens
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