Une des rubriques de ce blog est intitulée "Foi et conscience", une autre "Contre l'intolérance". J'aurais pu mettre ce billet dans l'une ou l'autre de ces rubriques, finalement il figurera dans la rubrique "Identité".
La République française est régie par le principe de la laïcité qui permet à chacun de vivre sa différence, spirituelle ou de conviction dans le respect des règles communes qui nous rassemblent et qui figurent dans la Constitution et le Droit français. Ces règles sont là pour dire quelles sont les valeurs qui nous rassemblent et qui contribuent à favoriser le "vivre ensemble". Elles constituent le socle commun de l'identité française. Celui-ci n'est pas négociable ni amendable, sauf à modifier ce qui nous unit.
Une Marocaine vient de voir sa demande de naturalisation refusée par le Conseil d'Etat au motif qu'elle avait "adopté, au nom d'une pratique radicale de sa religion, un comportement en société incompatible avec les valeurs essentielles de la communauté française, et notamment avec le principe d'égalité des sexes". La cour s'est notamment appuyé sur sa tenue vestimentaire et sa vie privée : vêtement la recouvrant de la tête au pieds, soumission à son mari et vie recluse à son domicile, alors qu'elle ne portait pas le voile avant son arrivée en France.
Si je combats toutes les formes de racisme, d'antisémitisme ou d'intolérance, il m'apparaît néanmoins essentiel de préserver notre patrimoine commun que constitue la laïcité. Je salue la décision du Conseil d'Etat qui pour la première fois a pris en compte le niveau de pratique religieuse pour se prononcer sur la capacité d'assimilation d'une personne étrangère. Loin d'interdire la pratique d'un islam librement consentie, elle vient contrevenir aux distorsions de cette pratique religieuse que constitue l'extremisme islamiste. Je l'aurais évidemment saluée de la même façon si s'était agit du Christianisme ou du Judaïsme.
J'admets néanmoins que la question n'est pas aisée car dès lors que l'on entre dans la sphère privée, la frontière avec l'atteinte à la liberté individuelle et la liberté de conscience est ténue. Mais il s'agissait là d'un cas manifeste qui ne souffrait d'aucune sorte d'ambiguité et qui nécessitait une réaction claire.
Publié par gilleshuard à 22:37:36 dans Identité | Commentaires (1) | Permaliens
Ce soir il y avait sur M6 une émission intitulée "passé recomposé", une sorte de "perdu de vue" (l'émission de Jacques Pradel de TF1 il y a une vingtaine d'années) revisitée, moins télé-réalité, moins voyeuse, plus sous forme de reportage et plus pudique, à mon goût. J'ai regardé cette émission en pensant à une de mes amies qui vient de retrouver une partie de ses origines, et peut-être, un peu, en imaginant l'émotion qui peut naître à la découverte d'un passé retrouvé.
L'occasion pour moi aussi de mieux comprendre, à travers certains reportages, ce que de jeunes adoptés peuvent ressentir quand ils ne connaissent pas leur histoire, leur passé. De l'importance pour des parents adoptifs de favoriser la construction de l'identité de son enfant en lui apportant tout l'amour et la sécurité, certes, mais également en sachant lui dire la vérité sur ses origines, ses racines. A méditer...
Publié par gilleshuard à 23:42:22 dans Identité | Commentaires (0) | Permaliens
Après quelques jours passés en Angleterre, je suis content de
retrouver mon blog préféré (!). A Londres, j'ai retrouvé mon ami Piotr,
un polonais mariéà une anglaise, que je connais depuis maintenant 15 ans.
Nous
avons une discussion de fond qui m'a laissé perplexe. Pourquoi ? son
refus d'admettre que l'on puisse avoir une identité qui nous est
donnée, comme un patrimoine, que l'on peut détester, ne pas reconnaître
ou au contraire accepter et vivre pleinement. Selon lui, ce que l'on
est n'est pas forcément définitif. On peut se conditionner en se
forgeant une certitude que
ce que l'on veut est plus fort que ce
qu'on est ; une sorte d'"auto-lavage de cerveau" ou de formatage
volontaire de son être (non de son esprit). Cela me parait très
dangereux car ce serait donner caution (ou pour le moins accorder une
reconnaissance scientifique) au régime nazi qui durant la seconde
guerre mondiale, effectuait des tortures (lobotomies...) aux
homosexuels notamment en se basant sur l'idée que l'identité vient de
la volonté ou de la consitution physiologique de
chaque individu.
La
nuance est bien là, ce que l'on est voire "ce que l'on naît" n'est pas
issu de ce l'on pense, souhaite ou décide, mais de notre être absolu,
notre existant. Si comme disait Descartes "Je pense donc je suis", il
convient donc de prohiber cet adage comme illustration de la volonté
comme constituant de l'identité. Celui-ci signifie plutôt que parce que
l'homme est intelligent (en principe !), il est "doué deraison", alors il existe (est).
Dès lors, on ne choisit pas ce que l'on est, ni de couleur, ni
homosexuel, ni grand ou petit. Tout comme, on ne choisit pas la manière
dont cette différence vécue en minorité dans des contextes particuliers
peut nous atteindre dès lors que la majorité en fait une source de
rejet, au plus peut-on trouver des lieux de ressourcement, des espaces
où vivre cette différence en
toute sérénité ; c'est là malheureusement qu'apparait l'esprit communautaire.
A suivre... J'attends vos réactions
Publié par gilleshuard à 21:06:17 dans Identité | Commentaires (0) | Permaliens
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