Parce que je préfère voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide, parce que l'on sait que mettre en oeuvre des règles internationale communes prend du temps, beaucoup de temps, le rassemblement à Londres des 20 plus grandes puissances et puissances émergentes est un succès.
Succès relatif quant aux conclusions de cette journée attendue depuis longtemps dans un contexte de crise à l'avenir plus qu'obscure. Mais succès quand même car bien plus que le fait que les 20 pays représentant 80 % de la population mondiale se mettent d'accord sur des mesures permettant de juguler la récession et favoriser une sortie rapide de la crise, ce qui peut être source de retour de la croissance, c'est la confiance ; c'est la capacité du monde entier à raisonner de manière concertée
En effet, jusqu'à présent il y avait les pays riches d'un côté (le G7 puis G8 avec la Russie) et de l'autre les puissances émergentes (Chine, Inde, Brésil) laissées sur le bord de la route. Il y avait parallèlement l'ONU plutôt sous la coupe des Etats-Unis, véritable Parlement des Nations mais agissant peu sur le volet économique, et enfin l'Organisation mondiale du Commerce allant clairement dans le sens d'un libéralisme pas toujours maîtrisé, fruit de négociations sur des dizaines d'années.
Avec le G20 que la crise a fait naître, c'est une force économique d'impulsion rapide (c'est à vérifier...) qui vient de naître. Même si le G8 continuera peut-être à se réunir, il s'est prudemment au moins momentanément effacé au profit d'un groupe plus large qui a intégré les pays émergents que la crise freine dans leur croissance, pays seuls en capacité à fournir pays riches en crise, les marchés leur permettant de voir leurs économies redémarrer.
Le verre à moitié vide c'est évidemment que chacun vient avec ses positions, ses idéologies ou ses traditions. Il faudra du temps pour que chacun écoute les autres, fasse preuve de pragmatisme et finalement fasse évoluer ses conceptions économiques. La crise doit constituer en ce sens un élément accélérateur à des positions renouvelées. Le Président français et la Chancelière allemande ont en sens donné le ton ; le Président américain également même si l'on sent encore des frilosités. Les débuts sont prometteur, mais il faudra aller plus loin, encore plus loin. Et il y a urgence...
Publié par gilleshuard à 18:27:48 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Le nouveau Président américain vient de faire une déclaration publique forte qui marque un tournant dans la diplomatie des Etats-Unis pratiquée depuis 30 ans en direction de l'Iran ; un tournant après 8 années Bush qui ont causé de nombreux dégâts à travers le monde, mais en particulier en Irak et dans les territoires palestiniens.
Barack Obama a en effet mis en oeuvre son programme d'une diplomatie d'ouverture vis-à-vis du Proche-Orient avec une stratégie ambitieuse mais risquée qui veut laisser la place à la table des grandes nations aux Etats qui condamnent les puissances occidentales, et au premier rang desquelles Israël.
Ainsi Barack Obama a prononcé des mots très justes que je partage à 200 %. Il a parlé de "promesse d'un nouveau départ", de "nouer des liens constructifs". Il a affirmé que les Etats-Unis souhaitaient voir Téhéran prendre "sa place de droit dans la communauté des nations" mais insisté sur le partage des efforts à fournir pour que cela se réalise. "Vous avez ce droit, mais il s'accompagne de grandes responsabilités et cette place ne saura être prise par le terrorisme ou les armes, plutôt par des actions pacifiques qui démontrent la grandeur réelle du peuple et de la civilisation iraniens », a dit le président américain, par un moyen habile non menaçant de tirer l'Iran vers le haut. « L'échelle de cette grandeur n'est pas la capacité à détruire, c'est la capacité manifeste à créer et à construire » a-t-il encore souligné, évoquant là le programme nucléaire que l'Iran présente comme une activité civile.
La traduction de la déclaration en farsi, la langue iranienne (le perse), montre le respect qu'il porte au peuple iranien et sa volonté que son message atteigne directement le peuple iranien sans souffrir d'une quelconque traduction approximative.
Cette déclaration a immédiatement été saluée par la communauté internationale qui y perçoit une rupture totale avec la « diplomatie de cowboy » de l'administration Bush, illustrée par la guerre en Irak.
Si cette stratégie est osée, elle m'apparait la seule possibilité pour faire se réconcilier deux faces du monde, ou du moins, les faire dialoguer, pour mieux se comprendre et peut-être envisager le monde sous un jour nouveau. Mais ne soyons pas naïfs. Cela prendra du temps, beaucoup de temps...
En attendant c'est un beau geste pour le nouvel an iranien qui est fêté aujourd'hui. J'adresse donc un grand bonjour à mon ami Seyed Alireza que j'ai connu cet été en Turquie. Il m'a fait découvrir par nos échanges un Iran différent de celui que j'imaginais par les médias : un Iran loin des clichés de musulmans barbus intégristes.
Publié par gilleshuard à 23:14:06 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Un vent nouveau vient de souffler sur l'Amérique !
Rien à voir avec Catherina, cet ouragan qui dévastait la Lousianne il y plusieurs mois. Cette fois c'est le vent de la démocratie qui vient de souffler avec la victoire du premier Président noir des Etats-Unis d'Amérique, Barack Obama. Une sorte de révolution tranquille qui s'est répandue à l'intérieur des Etats-Unis et même au-delà puisque la vague bleue (couleur des démocrates) s'est propagée à l'ensemble du monde.
En France tout le monde, moi le premier, était suspendu au vote de ces américains si souvent décriés, incompris, voire raillés, tant les incompréhensions entre américain et français, voire européens, étaient grandes, mais surtout tant la politique arrogante et dominante que l'Amérique de Bush conduisait nous révulsait.
J'ai vécu et suivi avec passion le parcours fantastique et la campagne que vient de mener le candidat depuis alors 2 ans Barack Obama. J'ai vécu la soirée d'hier soir (ou plutôt la nuit puisque je me suis réveillé à 5h pour suivre les résultats en direct !) comme lors de la chute du Mur de Berlin, même si le contexte était bien différent et les sensations encore plus fortes, bref, un moment HISTORIQUE.
Avec un charisme énorme, une grandeur d'âme et une vraie dignité, Barack Obama a rendu justice aux minorités noires américaines longtemps oprimées et jusqu'à il y a 50 ans encore. Il a mis en oeuvre sa devise "Yes, oui can" ("oui, nous le pouvons") et montré que le rêve américain avait encore un sens.
Plutôt que de retenir le fait qu'il soit noir, ce qui constitue en soi un fait historique et un véritable exemple pour notre notre démocratie qui est plutôt en panne de ce côté là (la France a pris un sacré coup de vieux d'un seul coup !), je préfère retenir l'espoir qu'il représente pour les américains et le monde. Il aura fort à faire...
Mais déjà je suis inquiet pour sa sécurité, car les haines ont parfois la vie dure ; inquiet également pour les déceptions qu'il va nécessairement provoquer tant les messages d'avenir meilleur étaient prometteurs et les difficultés nombreuses sur son chemin qui a vu la crise financière et économique passer par là. A suivre.
En tous cas, avec son parcours et ce qui vient de se passer, j'ai envie (je ne sais pas encore comment) de contribuer à faire en sorte que les talents et compétences de minorités dites "visibles" (je n'aime pas cette expression) puissent émarger. Ca peut peut-être commencer par, collectivement, changer notre regard, même si le plus souvent nous ne nous sentons et disons pas racistes, mais sans mentir serions nous prêts demain à voter pour un Président noir ou beur. A cette heure ci j'en doute encore. Ai-je tord ?
Publié par gilleshuard à 21:01:01 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Alors que j'étais en vacances en Turquie, à sa frontière, en Georgie se déroulait un conflit dramatique entre la petite Georgie et la géante Russie venue soi-disant défendre les populations séparatistes d'Ossétie du sud et d'Abkhazie. La première aspire a se réunifier avec l'Ossétie du Nord de laquelle elle a été séparée lors du démantèlement de l'ex-URSS ; la seconde est clairement pro-russe. La présence de troupes russes à 40 kms de Tbilissi, la capitale géorgienne, m'inquiète et me laisse perplexe.
Elle m'inquiète car elle en dit long sur la stratégie de la Russie vis à vis du reste du monde. La santé économique retrouvée, la Russie développe des relents de nationalisme qui mettent gravement en danger la région, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du pays.
Elle me laisse perplexe car si je soutiens le principe de "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", c'est à dire le droit reconnu des peuples à être souverains et libres, je m'interroge sur la motivation de Moscou dans la démarche entreprise mais aussi sur ses méthodes. Loin de défendre les plus faibles, car l'exemple de la Tchétchenie nous montre que c'est loin d'être sa préocupation, la Russie a engagé un bras de fer visant à mettre la Georgie "à sa botte" et à faire payer à l'ancien allié son passage dans le camps occidental. Veut-elle de nouveau satelliser ses pays voisins. Encore trop tôt pour le dire.
Tout ceci se déroule sous les yeux de l'Europe et des Etats-Unis qui semblent impuissants. Les Etats-Unis tentent de défendre mollement l'allié géorgien, mais craignent la réaction russe et d'alimenter une nouvelle guerre froide que tout le monde croyait loin. D'ailleurs, le Président Georges Bush n'a-t-il pas déclaré dans un discours ferme "Par ses actions de ces derniers jours, la Russie a compromis sa crédibilité et ses relations avec les pays de monde libre ... Le monde a vu avec inquiétude la Russie envahir un Etat voisin souverain et menacer un gouvernement démocratique élu par son peuple ... Cet acte est absolument inacceptable pour les nations libres de la planète." Ce discours est fort et clair. Mais une fois prononcé que va-t-il faire si la Russie ne plie pas, ce que je n'imagine même pas tant ce serait faire aveu de faiblesse (ou de responsabilité...)
On se rappelle qu'en 1990 lors de la 1ère crise en l'Irak, son père avait été encore plus ferme. Cette fois, Georges Bush à quelques mois de la fin de son mandat est au pied du mur : va-t-il laisser tomber l'allié géorgien, montrant que celle-ci n'était que purement stratégique et intéressée, et donc finalement avec la même optique que celle de la campagne russe actuelle ? Si Bush, reste fidèle à son alliance et sauf à ce que la Russie revienne en arrière, on peut craindre une crise politique grave aux portes de l'Europe. Il y a un certain relent de guerre froide dans tout cela
Et que dire de l'Europe ? Empétré dans son double discours sur les droits de l'homme et son amitié pro-russe et pro-américaine, Nicolas Sarkozy semble réaliser un service minimum avec une proposition de cessez-le-feu qui n'inclut même pas la reconnaissance de la souveraineté géorgienne (sans doute pour mieux faire signer les russes). L'Europe de la défense qui n'existe pas encore, et voit sous ses yeux un de ses membres, la Pologne, qui va accueillir des bases américaines permettant le tir de missiles de moyenne portée ; tandis que l'Europe politique peine à émerger tant que des institutions claires n'auront pas été adoptées. QUAND EST-CE QUE L'EUROPE SERA ENFIN A LA HAUTEUR ?!!!
Mais que dire des peuples des deux camps qui pendant ce temps souffrent, sont certainement très loin de ces discussions de salons et ne demandent qu'à vivre dignement et pacifiquement.
Publié par gilleshuard à 14:59:30 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Je reste un peu mitigé après la signature, le 13 juillet, à Paris, du Traité insituant l'Union pour la Méditerranée.
Certes, la photo était belle ; non pardon, avec la présence de Bachar el Assad, le Chef d'Etat syrien, elle était plutôt gachée. Mais pouvait-on réellement l'éviter ?
Le sommet aura au moins permis que des chefs d'Etat de nations ennemis se rencontrent, voire se parlent, Israël et la Syrie notamment. Le Président Syrien a également indiqué vouloir envoyer un représentant diplomatique au Liban, reconnaissant de fait, l'existance souveraine jusqu'alors contestée de l'Etat libanais.
Mais les multiples conciliations auxquelles il a fallu concéder pour que le Président Sarkozy puisse s'enorgueillir d'avoir fait avancer les choses sur le terrain diplomatique et économique dans une région en mal d'Europe, notamment la Turquie et le Maghreb, ont dénaturé ce qui était au départ un projet ambitieux : une Union méditérannéenne, à l'image de l'Union européenne : un espace de paix et de prospérité.
La volonté de la Syrie de voir figurer dans les pays européens signataires l'ensemble des 27 plutôt les seuls pays ayant la mer méditérannée en partage a clairement mis à mal l'esprit initial du projet et son ambition de créer un espace de solidarité et de coopération entre peuples de la méditérannée. Au lieu de cela, on aura une conférence à 44 pays représentant 750 millions d'habitants mais sans réelle capacité à agir.
On aura noté outre l'absence annoncée du colonel Kadhafi, celle du Roi Abdallah de Jordanie et surtout celle totalement imprévue du Roi Mohammed VI du Maroc. Ces deux derniers ne croient-ils déjà plus à la démarche ?...
Publié par gilleshuard à 23:37:55 dans International | Commentaires (0) | Permaliens
Depuis le 24-09-2006 :
184854 visiteurs
Depuis le début du mois :
2941 visiteurs
Billets :
316 billets
| Di | Lu | Ma | Me | Je | Ve | Sa |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | ||
| 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 |
| 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 |
| 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 |
| 27 | 28 | 29 | 30 | 31 |
Commentaires