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La passion du monde

Le blog de Gilles Huard

Union méditérannéenne : une occasion manquée | 20 juillet 2008

Je reste un peu mitigé après la signature, le 13 juillet, à Paris, du Traité insituant l'Union pour la Méditerranée.

Certes, la photo était belle ; non pardon, avec la présence de Bachar el Assad, le Chef d'Etat syrien, elle était plutôt gachée. Mais pouvait-on réellement l'éviter ?

Le sommet aura au moins permis que des chefs d'Etat de nations ennemis se rencontrent, voire se parlent, Israël et la Syrie notamment. Le Président Syrien a également indiqué vouloir envoyer un représentant diplomatique au Liban, reconnaissant de fait, l'existance souveraine jusqu'alors contestée de l'Etat libanais.

Mais les multiples conciliations auxquelles il a fallu concéder pour que le Président Sarkozy puisse s'enorgueillir d'avoir fait avancer les choses sur le terrain diplomatique et économique dans une région en mal d'Europe, notamment la Turquie et le Maghreb, ont dénaturé ce qui était au départ un projet ambitieux : une Union méditérannéenne, à l'image de l'Union européenne : un espace de paix et de prospérité.

La volonté de la Syrie de voir figurer dans les pays européens signataires l'ensemble des 27 plutôt les seuls pays ayant la mer méditérannée en partage a clairement mis à mal l'esprit initial du projet et son ambition de créer un espace de solidarité et de coopération entre peuples de la méditérannée. Au lieu de cela, on aura une conférence à 44 pays représentant 750 millions d'habitants mais sans réelle capacité à agir.

On aura noté outre l'absence annoncée du colonel Kadhafi, celle du Roi Abdallah de Jordanie et surtout celle totalement imprévue du Roi Mohammed VI du Maroc. Ces deux derniers ne croient-ils déjà plus à la démarche ?...

Publié par gilleshuard à 23:37:55 dans International | Commentaires (0) |

Ingrid la charismatique | 07 juillet 2008

Malgré la polémique naissance et mal placée à l'encontre d'Ingrid Bétancourt si son omni présence dans les médias depuis 3 jours, en dépit des propos stupides d'une Ségolène Royale qui a affirmé que le Président Sarkozy n'était pour rien dans la libération d'Ingrid alors que l'ensemble de la classe politique reconnaissait que la pression constante du Président de la République était certainement à l'origine de la mobilisation sans précédent pour les otages colombiens (elle n'a décidément pas la stature de la fonction présidentielle à laquelle elle osait prétendre !), malgré ce climat qui donne parfois envie de vaumir (passez-moi l'expression...), je préfère retenir l'image et les propos d'une femme charismatique, courageuse, engagée, fidèle qui a donné une bouffée d'air, de simplicité et de joie dans ce monde souvent triste et compliqué. Nous avons vécu durant les quelques heures de sa libération en Colombie, puis de son arrivée en France une sorte de communion, de grace, d'harmonie collective, d'union sacrée autour de son histoire, des retrouvailles avec ses proches, et de son message proclammé avec force. Quel charisme !...

Publié par gilleshuard à 21:19:54 dans International | Commentaires (2) |

Ingrid Betancourt LIBRE ! | 03 juillet 2008

C'est une grande émotion qui me gagne ce soir avec la libération d'Ingrid Betancourt. Après 6 ans de captivité dans la forêt colombienne dominée par les Farc. La libération de l'otage franco-colombienne ainsi que de trois otages américains et onze militaires colombiens a pu être réalisée grace à l'armée colombienne. Malgré une attitude parfois discutable et souvent décriée du Président Uribe, il s'agit là d'une véritable réussite pour la stratégie du Chef d'état colombien.

Je n'oublie pas que des milliers d'otages sont toujours emprisonnés en Colombie et partout dans le monde. Ne les oublions pas !...

Publié par gilleshuard à 00:02:40 dans International | Commentaires (1) |

Tempête européenne | 15 juin 2008

L'Union européenne connait une crise sans précédent déclanchée par le non irlandais à la ratification par son pays du Traité de Lisbonne qui devait remplacer le malheureux Traité de Nice ; celui continuera donc à s'appliquer même si le processus de ratification continue à se dérouler dans tous les autres pays des 26 qui ont choisi de voter la ratification du texte par voie référendaire.

La crise majeure à laquelle on assiste a une triple facette :

- c'est d'abord une crise institutionnelle, car le Traité de Lisbonne était le résultat d'un compromis entre les 27 suite aux "non" français et néerlandais au référendum de ratification du Traité consitutionnel ;

- c'est aussi une crise démocratique, car s'il est légitime que chaque pays pèse de manière égale et que l'on n'impose à aucun pays une direction qui ne serait pas la sienne, le projet européen est néanmoins un projet collectif ; on peut dès lors s'interroger sur le fait que l'Irlande et ses 3 millions d'habitants réussisse à bloquer l'Europe et ses 494 millions d'habitants. L'Europe démocratique reste à construire, c'était notamment l'objet du Traité constitutionnel puis de Traité de Lisbonne que de permettre à ses institutions de fonctionner de manière plus démocratique, en renforçant les pouvoirs du Parlement européen. Personnellement, j'aurais préféré une ratification parlementaire pour tous car on le constate désormais à chaque référendum, les citoyens votent souvent à côté de la question) ou bien un référendum unique pour tous les Etats le même dans les mêmes conditions mais à condition que l'on simplifie les textes proposés et que les gouvernants se mobilisent réellement pour les expliquer et les défendre ;

- c'est enfin et surtout une crise identitaire, car depuis l'entrée des 10 nouveaux pays d'Europe centrale et de l'est plus Chypre, l'Europe se cherche, doute, ses membres se referment sur eux-mêmes, chaque pays semblant vouloir préserver ses propres avantages et intérêts alors que le contexte international a changé. Les Etats ont une attitude de "consommateurs" et semblent dire "j'en veux pour mon argent" et sont moins dans l'idéal d'une Europe reconstruite et pacifiée qui croit en son avenir commun. L'Euope doit se rapprocher des citoyens : sans doute mieux en expliquant mieux ce qu'elle fait et ce qu'elle apporte l'Europe à tous ses habitants, mais elle doit aussi se réformer et s'intéresser aux questions stratégiques et majeures au regard des grandes puissances actuelles ou en devenir que constituent les Etats-Unis, la Chine ou l'Inde.

On dit souvent que les crises européennes ont permis de relancer l'Europe grace à des initiatives qui débloquaient les situations. Cette fois ce sera très difficile. Il faudra beaucoup de talent et d'imagination au Président Sarkozy qui va présider l'Union européenne à partir du 1er juillet pour sortir l'Europe du marasme où elle se trouve...

Publié par gilleshuard à 22:08:29 dans International | Commentaires (0) |

Un signe de la Turquie en direction de l'Europe ? | 09 juin 2008

Félicitation à la Cour constitutionnelle turque pour sa décision d'invalider la loi autorisant le port du voile dans les universités, qui a été votée, en février dernier, par le parlement dominé par le parti musulman modéré.

C'est un signe positif adressé à l'Europe et à l'Union européenne à laquelle la Turquie aspire à entrer. Jusqu'à présent ce grand pays de 70 millions d'habitants situé aux portes du moyen orient fait peur, à cause de sa population nombreuse qui bousculerait les désesquilibres démographiques européens, et même si on ne le dit pas, à cause de sa religion dominante, l'islam, qui fait craindre un glissement vers un régime beaucoup moins démocratique, si le gardien de la laïcité qu'est l'armée empêchait de préserver les fondements du Régime.

C'est une décision de justice mais ce n'est pas une décision et une volonté du pays. Le pays reste reste partagé, tiraillé entre deux cultures. Malgré ses efforts de réformes (ex : suppression de la peine de mort), il semble douter de son adhésion possible, un jour, à l'Union européenne. Les messages envoyés par la France sont d'ailleurs à cet égard sans ambiguité.

Et pourtant, depuis 1963 la Turquie est pleinement associée à l'Europe, dans les instances intégrées de la Communauté puis de l'Union européenne, mais aussi dans les instances culturelles et sportives telles que l'Union européenne de radiodiffusion (qui lui permet de participer au Concours eurovision de la chansion, ainsi qu'Israël) ou l'UEFA qui permet à la Turquie de participer à la Ligue des champions ou l'actuel Championnat d'Europe en Suisse-Autriche. Dans ces circonstances, doute-t-on ou critique-t-on la présence de la Turquie ? Non.

Très opposé à cette adhésion jusqu'à présent, je doute et suis ouvert et à l'écoute de tous les changements qui se dérouleront dans les années qui viennent, à condition que le peuple turc y adhère, réellement...

Publié par gilleshuard à 23:20:44 dans International | Commentaires (0) |

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