Dûr dûr la politique. Eh oui ! Après être revenu en ayant changé disait-il, et reconverti au développement, Alain Juppé qui avait été réélu triomphalement à la Mairie de Bordeaux, et bénéficié après la présidentielle d'un ministère d'Etat, 2ème personnage du gouvernement, s'en est allé dimanche dernier, battu aux élections législatives. Cela reste le symbole de cette élection qui annoncait destructrice pour la gauche et prometteuse pour l'UMP. Il n'en a rien été. Localement, A.Juppé qui garde une grande popularité chez les bordelais (j'ai pu le vérifier hier où je suis allé pour le travail et en parlant avec plusieurs personnes), a subi un retour ministériel trop rapide et une certaine arrogance dont on le croyait débarassé.
Au niveau national, c'est bien à rééquilibrage auquel on a pu assister. Le Président Sarkozy a désormais la majorité lui permettant de mettre en oeuvre la politique pour laquelle il vient de se faire élire, c'est là bien normal. Mais il aura en face de lui une vraie opposition qui voit son nombre de siège augmenter. Une opposition qui aura la charge d'être crédible, de proposer les amendements permettant la modification des mesures qui iraient trop loin ou pourraient être mal vécues.
Le véritable scandale de cette assemblée c'est qu'elle ne reflette en rien la réalité politique du pays. Le parti communiste à 2% qui bénéficie d'environ 15 sièges, le Mouvement Démocrate qui fait 7% en voix au national qui n'a que 4 sièges, le Nouveau centre qui fait 2% qui a 21 sièges... A quand la réforme du mode scrutin ? Sarkozy n'en veut pas et propose de dose minimale de proportionnelle, on verra ...
C'est en tous cas un sérieux avertissement pour le nouveau Président. Les français aiment conserver la liberté de leur vote et qu'on ne leur annonce pas les résultats à l'avance. Tout cela est plutôt rassurant et me plait bien. En plus, annoncer des mesures entre les deux tours alors que celles-ci n'ont ni été étudiées, ni validées, voilà qui relève du suicide électoral ; une bonne leçon pour ce cher Borloo que pourtant j'aimais bien.
Publié par gilleshuard à 18:08:54 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Il est des moments où il faut savoir défendre des convictions fortes. Et c'est un vrai coup de gueule que je souhaite pousser !
Nicolas Sarkozy qui se veut le symbole du libéralisme et de l'ouverture l'avait promis : Christian Vanneste, le député sortant de l'UMP condamné pour propos homophobes ne serait pas soutenu aux élections législatives. Il a tenu sa promesse, l'UMP ne l'a investi. Sauf que, si celui-ci a intégré l'anti-chambre de son ancien parti, le Centre national des indépendants, une sorte de sas entre une droite républicaine "acceptable" et l'extrême droite, ce qui est bien son droit après tout, en revanche, il ne s'est pas vu opposer de candidat de droite face à lui. Un moyen de tenir sa promesse sans déjuger les électeurs de ce député qui en séduit plus d'un électeur de droite. Pire, il a reçu le soutien actif du président de l'Assemblée Nationale, Patrick Ollier.
Doit-on croire que l'UMP soutient les propos de ce député du Nord qui fait honte à la République et qui a dit notamment que l'homosexualité est «inférieure à l'hétérosexualité» ? On peut espérer que non. Mais alors, qu'attend-elle pour "lacher" définitivement le député homophobe et que l'on ne se contente pas de condamner ses propos.
L'association Gaylib qui a fait campagne en faveur de Sarkozy à la présidentielle appelle elle-même sans succès auprès de ses amis au "tout auf Vanneste" ; C'est une preuve supplémentaire que la droite a encore des kilomètres à faire sur le chemin de la tolérance et de la rupture promise. Finalement, on admettra que l'UMP cherche à ménager la chèvre et le choux, la présence de Roselyne Bachelot et afin de draguer un électeur quelque peu conservateur voire homophobe.
Pour tout cela, je suis vraiment fier de ne pas appartenir à ce parti...
Publié par gilleshuard à 22:48:51 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Je reviens vers mon blog après quelques jours d'absence, pour réfléchir sur plein de choses, et pris par mes diverses occupations...
Marketing électoral en préparation des législatives, véritable tournant de la vie politique française par un renouvellement des méthodes, qui sait, mais on ne peut que constater que le Sarkozy auquel on était habitué et auquel on s'attendait n'est pas apparu au soir et depuis de son élection à la Présidence de la République.
Avec un ton nouveau, moderne, dynamique, mais trop souvent pressé, il a imposé un nouveau rythme dans la conduite des affaires, rompant volontairement avec le chiraquisme qui, du coup, a pris "20 ans dans la vue" (!), se montrant décomplexé vis à vis de l'argent (en atteste la polémique du yacht), laissant son épouse libre avec le protocole...
Avec un gouvernement resséré (15 ministre) et à parité hommes-femmes, pratiquant l'ouverture à gauche et notamment à une personnalité aussi emblématique que Bernard Kouchner, il a mis en oeuvre son très beau discours d'unité du soir du second tour. J. Chirac nous avait tellement habitué à ne pas tenir sa parole que nous en avons été surpris.
On a assisté finalement à un mois de présidence qui a plutôt convaincu les français et qui, ne nous trompons pas, à plutôt épaté nombre de politiques à droite, mais aussi à gauche. Ce Sarko, quel talent !
De ce fait, l'élection législative l'a montré, les français ne se sont pas déplacés. Parce que épatés par ce jogger pas aussi méchant qu'on pouvait le dire et le lire (?), séduits par cette ouverture à gauche, ou bien résignés à cette vague bleue prévue d'avance, les français ont cédé au monolytisme bi-partiste qu'on cherche à leur vendre depuis 5 ans.
Mais ne nous y trompons pas. Le danger vient bien de là. 5 ans sans contre-pouvoir, avec un PS en déconfiture, avec un MoDem pourtant 3ème parti de France décimé par un scrutin majoritaire couperet et injuste, avec juste un Nouveau Centre godillot et faire valoir de l'ouverture au centre. Tiens ! c'est nouveau ça ! La présence d'Hervé Morin au gouvernement marquerait l'ouverture vers le centre. Parlait-on d'ouverture quand l'UDF était associée aux gouvernements avec le RPR ; non juste d'"alliance". Il y a des choses comme ça qui évoluent...
Prenons garde ! Aussi séduisant soit-il dans sa méthode et son modernisme, Nicolas Sarkozy nous promet des lendemains qui vont déchanter que les quelques députés d'opposition ne sauraient à eux seuls empêcher. Dès lors, l'opposition se fera ailleurs... dans la rue sans doute. Est-ce cela que l'on appelle la démocratie ? A suivre.
En ce qui me concerne, je resterai vigilent. Ouvert, à l'écoute, mais droit dans mes convictions et combatif pour mes valeurs...
Publié par gilleshuard à 22:25:02 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Un grand vent de fraicheur souffle sur la vie politique française avec la création du MoDem, entendez "Mouvement Démocrate", le nouveau parti politique créé par François Bayrou, au lendemain de l'élection présidentielle.
Tirant les enseignements de son bon score au 1er tour de l'élection présidentielle et de la forte attente des quelques 7 millions d'électeurs qui se sont portés sur nom, François Bayrou est désormais porteur d'une flamme centriste indépendante qui ne renie en rien son passé, mais qui tire les enseignements du passé et veut rompre avec la crise politique qui a plongé la France dans de nombreuses années de léthargie, promouvant son idéal de rassemblement au-delà des frontières politiques qui ont vécu.
Et preuve s'il en est, la volonté même du nouveau Président de la République de faire l'ouverture (et non pas un rassemblement) lui qui était le chantre d'une droite droitière qui s'assume. Mais on verra vite que, sur le fond, rien n'aura changé, dans la répartition du pouvoir, des nominations aux postes important de l'Etat, du lien qui unit N.Sarkozy avec les grands groupes financiers et médiatiques. Il tirera les ficelles de l'UMP depuis l'Elysée puisque déjà le parti qui l'a soutenu n'est que doté d'une direction collégiale en lieu et place du Président qu'il était. On ne le dit pas assez, mais cela n'est jamais arrivé auparavant sous la Vème République qu'il existe un lien si étroit entre un Président de la République et son parti d'origine. Mais cela est un autre sujet, j'y reviendrais dans d'autres billets.
Si l'espoir que François Bayrou porte est grand, l'avenir du mouvement centriste parait trouble avec le départ de nombre de députés UDF qui ont préféré sourire aux sirènes de la majorité présidentielle, leur permettant de faciliter leur réelection, que de rester fidèle à leur leader.
Compréhensible me direz-vous ? Oui d'un certain point de vue, si l'on pense stratégie de court terme politicienne. Mais regrettable moralement tant la confiance dans les politiques est érodée depuis longtemps ; nombre d'électeurs ne se renconnaitront pas dans cette manière de faire de la politique. Et plus encore, ces 22 ralliés à Sarkozy qui avaient effectivement la liberté de vote comme l'avait indiqué F.Bayrou au lendemain du 1er tour, auraient pu en continuant à rester fidèle à l'UDF-Mouvement Démocrate bénéficier dans leurs circonscriptions du soutien de nouveaux électeurs jusqu'à cette année absents des bureaux de votes, ainsi que tous les déçus de ce Parti socialiste sclérosé et à bout de souffle.
Ils ont préféré une stratégie de groupe, nationale, alors qu'une stratégie au cas par cas, localement pouvait aussi leur permettre une victoire dans un contexte politique national rénové. Quel gâchis !
En Loir-et-Cher, département que je connais bien, j'admire le courage de celles et ceux qui restent droit dans leurs convictions et fidèles à leur famille politique... Je sais que nombre des sympathisants et militants UDF sont déçus et déstabilisés par les positions des 2 députés locaux, en particulier Maurice Leroy qui, il y a seulement quelques jours, chargeait contre N.Sarkozy avec des mots très dûrs. Ils ont choisi de se rallier à la majorité présidentielle alors même que l'UMP locale est très divisée sur le soutien à leur apporter. Nous verrons dans quelques semaines si les électeurs s'y retrouvent...
Dans ce contexte difficile pour les centristes, c'est justement le bon moment pour croire au nouvel avenir qui s'offre aux centristes venus de droite et de gauche, aux socio-démocrates, démocrates-sociaux ou sociaux-libéraux, aux écologistes Verts ou de Cap 21, qui tous croient en la construction d'une grande force réformatrice pour le pays, rassemblant toutes les sensibilités démocrates et humanistes... En tous cas, moi j'y crois, pas vous ?
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Publié par gilleshuard à 22:56:02 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
Est-il si terrible d'être fidèle à ses valeurs et ses convictions que l'on doive se taire au risque d'être accusé de traitrise ou de compromission ?
C'est bien là tout le débat auquel les membres de l'UDF sont confrontés depuis l'entre-deux tours de la présidentielle. Le Conseil national qui s'est réunit se matin, où je n'ai malheureusement pas pu aller ("la France qui se lève tôt" !), a fourni quelques éléments de réponse. Un soutien massif à la position de son Président François Bayrou, qui doit, comme nombre d'élus partout en France, subir toutes les pressions inimaginables de la part des partisans de la pensée unique.
Eh oui, la défection de 23 des 29 députés UDF au Mouvement démocrate souhaité par François Bayrou, pose question. Mais elle ne doit en aucune façon remettre en cause le choix fait par le 3ème homme de la présidentielle qui, fort de ses 7 millions d'électeurs qui se sont portés sur son nom, souhaite contribuer à la rénovation de la vie politique française et rester fidèle et loyal à ses positions durant la campagne.
Evidemment il y a plus urgent, l'action du nouveau gouvernement au service de la nation. Mais celle-ci sera plus efficace s'il existe un pluralisme politique source d'action publique collective et non d'affrontement stérile entre une majorité omnipotente et une opposition absente des instances démocratiques qui n'a d'autre alternative de s'exprimer par la rue.
Le pluralisme politique c'est donc tout l'enjeu de la réussite des cinq ans qui viennent. Elle doit contribuer à apaiser un climat lourd après l'élection d'un Président largement et démocratiquement élu, mais qui bénéficie d'une image cultivée source de division entre les français, alors même que sa fonction est d'abord d'unir le peuple pour mieux le représenter.
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Publié par gilleshuard à 00:55:28 dans Politique France | Commentaires (0) | Permaliens
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