Dernier match de préparation de l'équipe de France de football à l'Euro ce soir. Quel plaisir de voir tous ces drapeaux bleu blanc rouge s'agiter dans le Stade de France, manifestant ainsi que la France est derrière son équipe nationale.
Fier d'être français mais sans être dans un patriotisme exacerbé et mal placé voire réactionnaire, il m'apparait néanmoins important que les français adoptent et défendent leur patrimoine commun qui comprend les valeurs et les devises de la République mais aussi les symboles qui portent comme une sorte d'étandard ce qui constitue notre histoire et finalement ce que nous sommes : notre drapeau et notre hymne.
Depuis de trop nombreuses années, le drapeau français était souvent assimilé à tord au Front national qui ne manquait de récupérer ce symbole qui appartient à nous pour convaincre qu'il était celui qui lavait plus blanc que blanc, autrement dit, le seul capable de défendre les valeurs de la République. Mais la France n'est pas faite que de blanc, mais aussi de bleu et de rouge. Les partis politiques avaient abandonné ce symbole jusqu'à 2002, jour tragique de la présence de JM Le Pen au 2ème tour de l'élection présidentielle.
De même, l'hymne national subissait le même sort (dans une moindre mesure) mais provoquait chez la jeune génération, en particulier issue de l'immigration, une aversion envers la Marseillaise qui l'amena à la siffler un soir de match au Stade de France provoquant une réaction justifiée aussi choquée qu'immédiate de l'ancien Président Jacques Chirac.
Avec Nicolas Sarkozy, force est de constater qu'il a su ne pas abandonner l'exclusivité des symboles républicains au seul parti d'extrème droite, quitte à parfois marcher sur ses pas, ce que j'ai toujours regretté. Mais ça a fonctionné, le recul du Front national fut sévère et confirmé.
Alors, bravo pour tous ces drapeaux que j'espère voir nombreux durant l'Euro et j'espère que l'on vibrera, tous ensemble.
Publié par gilleshuard à 23:35:12 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
Du 14 au 24 mars 2008 se déroule la Semaine de la langue française. L'occasion de fêter la langue française et d'échanger autour ce qu'elle représente, en France et à travers le monde, et les évolutions constatées. Cette semaine intervient de manière concomitante avec la Semaine de la Francophonie, cette organisation qui fédérent les états francophones et francophiles, mais aussi de nombreux observateurs.
La question que se posent beaucoup d'observateurs et d'acteurs de la langue, les enseignants, les écrivains, les chercheurs, les linguistes est de savoir si l'on assiste à une crise de la langue française dans son contenu et dans son usage, en particulier chez les jeunes ?
Le phénomène n'est pas nouveau. Jusqu'ici on évoquait plus une anglicisation de la langue sous couvert de simplification (parfois de mode) dans un monde ouvert qui va de plus en plus vite et où la compréhension facile entre locuteurs est un enjeu majeur.
Désormais, l'inquiétude grandit à cause de deux phénomènes :
- d'un côté, l'apparition des nouvelles technologies, en particuliers les téléphones mobiles et les messageries instantannées (via internet), qui ont aboutit à la naissance de nouveaux modes de communications entre individus et de nouveaux langages, plus simples et rapides, où le français semble marquer le pas ;
- de l'autre, le langage des cités qui sort des barres parisiennes pour être adopté par la plupart des jeunes, on le retrouve également sur internet.
Ces nouvelles formes de langage amusent et intriguent, comme jadis, dans les années 60 avec l'argo. D'ailleurs, on assiste au retour de certains mots anciens ("Paname" pour Paris...) ou du "verlan" qui consiste à inverser l'ordre des syllabes. Mais ne nous y trompons pas, tous les français participent à ce phénomène consciemment ou non : en supprimant la fin de certains mots ("assoc" pour association, "alu" pour alluminum, "télé" pour télévision, ...), en utilisant des mots d'autres langues ("mail" pour courriel ou courrier électronique, "backstage" pour coulisses, "pitch" pour synopsis ou résumé, "kif" pour plaisir ou agréable, sympathique, "cool" un mot très passe-partout pour tranquille, calme, ou sympathique...) ou encore en utilisant des mots de manière passe-partout, quelque soit le contexte, appauvrissant ainsi le sens des mots : "trop", "grave", "top"...
Mais sur ce constat, les avis divergent. Certains y voient un vrai danger, un appauvrissement de la langue française, un fossé qui se creuserait entre couches sociales favorisées et défavorisées, d'autres y voient le symbole d'une culture communautaire qui s'ouvre, se démocratise. Je pense que c'est un peu tout cela à la fois. C'est à la fois rassurant mais tout autant inquiétant.
Ce qui me parait important c'est, non pas de combattre ces nouvelles formes de langages qui, au demeurant, ont toujours existé sous une forme ou une autre, mais de former à la linguistique, à la valeur et au sens des mots du français "classique" et également à l'utilisation que l'on peut en faire selon les contextes, c'est à dire le registre du langage.
Publié par gilleshuard à 17:35:35 dans Société | Commentaires (3) | Permaliens
Lazare Ponticelli, le dernier «poilu» de la Grande guerre, est décédé à l'âge de 110 ans. C'est un évènement dans l'histoire des survivants de la "grande guerre" et dans la transmission de la mémoire de la 1ère guerre mondiale. Désormais, il faudra compter sur le travail des historiens, des enseignants, des chercheurs et des enfants des poilus pour conserver cette mémoire de cette tragédie humaine qu'a été la guerre 14-18.
Heureusement, cette période tragique de l'histoire de l'Europe est enseignée, plutôt bien, à l'école. Il est point besoin d'ajouter un quelconque symbole émotif pour ne souvenir, mais il faut sans doute sensibiliser plus encore lors des journées commémoratives le 11 novembre notamment, par la diffusion à la télévision de films racontant cette tragédie, afin de ne pas oublier, simplement, ...
Publié par gilleshuard à 21:00:44 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
La Justice vient d'interdire au site Note2be.com de publier des informations nominatives sur les professeurs, remettant par là-même en cause la vocation de ce site de notation en ligne des profs. Voilà que le débat est né : les élèves peuvent-ils, doivent-ils noter leurs profs ? Quel outrage de toucher au "sanctuaire" que constitue l'école ...!
Certains diront que les élèves sont les mieux placés pour apprécier la qualité de l'enseignement qui leur est dispensé, de la manière dont les enseignants se font respecter, tiennent la classe, disposent toute la clarté et la méthode adequat nécessaire à la fonction... C'est vrai, mais c'est également faux.
Car, en effet, ils sont les plus mal placés du fait de leur manque de connaissance et d'expérience en pédagogie, de leur âge qui ne leur apporte probablement pas toute la maturité nécessaire à l'appréciation des difficultés dans la gestion des groupes et de personnalités différentes etc... et pourtant...
Et pourtant, en dépit de ces arguments opposables, j'estime que le système éducatif français souffre d'un déficit d'évaluation. Non pas de cette notation qui verrait les élèves compenser leur frustrations ou sentiments d'injustice par une manipulation de la souris, mais d'une appréciation pesée, expliquée et motivée, autorisant la contradiction et le droit de réponse. Cette évaluation publique, assumée et librement consentie doit pouvoir favoriser la remise en question des enseignants installés dans le poids de leurs habitudes, favoriser la deuxième chance pour les enseignants incompris en mal de reconnaissance, bref une notation qui ouvre à un dialogue nouveau entre jeunes et adultes, qui va dans l'intérêt de l'un et de l'autre.
Reste à trouver le support adéquat (pourquoi pas via internet) et à définir des règles déontologiques claires et contrôlées. Mais refuser par principe cette évaluation-notation serait laisser les professeurs dans la "toute puissance" de leur fonction, les éloignants encore un peu plus du monde des élèves.
Publié par gilleshuard à 21:04:04 dans Société | Commentaires (1) | Permaliens
Eh oui, ça me surprend moi-même de dire cela, "Vive la publicité sur Francetelevisions !". Mais tout de même. La décision unilatérale de notre Président Sarkozy de supprimer la publicité sur les chaines publiques de télévision mets à mal la diversité des programmes qui nous sont proposés à la télévision et notamment de l'information. Elle met en cause la qualité (et elle existe) de nos chaines de télévisions publiques.
Tout ceci soit disant au nom d'une certaine vision de la télévision qui se voudrait plus culturelle. On peut se demander laquelle ? Celle de Arte, la télévision franco-allemande ou de France Culture, la radio, regardés ou écoutés par une audience qui n'a d'importance que le faible segment de marché (on dit comme cela parait-il) à qui elle s'adresse. Et pourtant, je les écoute quelque fois ces médias, et j'y trouve souvent motif de satisfaction. Je pense qu'ils sont nécessaires, même s'ils gagneraient à bénéficier d'une audience plus large. Mais non, on ne peut imaginer qu'existe en France 6 chaines de télévisions publiques sur le même modèle. La diversité, c'est aussi la richesse culturelle et la confrontation des idées.
Cela n'est évidemment qu'un pretexte. Pretexte pour démenteler un service public jugé trop puissant et qui absorbe beaucoup trop de l'espace publicitaire dont rafoleraient les "Bouygues & Boloré's company". Pour réduire l'indépendance de cette information pas assez proche du pouvoir malgré un Président (de Carolis) nommé par J.Chirac.
Et la qualité, n'y en a-t-il pas ? Ne trouvez-vous pas que "Campus", "Envoyez spécial", "Taratata", "Les maternelles", "Ripostes", "C'est dans l'air", "Ce soir (ou jamais)"... ne sont pas des émissions de qualité ? et je pourrais en citer encore des dizaines... Je crois à la qualité, mais je crois aussi à la diversité. La télévision est faite pour faire réfléchir, mais aussi pour divertir.
Qu'il aille voir un peu les télévisions publiques espagnoles (tve) ou italiennes (rai), faites de paillettes en jeux débiles en tous genres (je peux les voir, je sais de quoi je parle). Ou encore la télévision russe qui est carément à la botte du pouvoir, y compris les chaines privées, mais cela c'est une autre histoire, nous n'en sommes pas encore là fort heureusement. Evidemment, il y a la BBC mais elle est également fort contestée car la qualité n'est pas non plus toujours au rendez-vous.
Autre argument à prendre en compte, qui peut payer la compensation de ce surcoût, sans compter qu'il faudra remplacer la publicité par des programmes nouveaux ? Evidemment le télespectateur, par la redevance, une taxe sur les produits hifi ou que sais-je... Elle est loin l'augmentation du pouvoir d'achat !
Même si je ne suis pas toujours favorable aux causes sociales telles qu'elles sont défendues, cette fois j'estime que la cause est juste. Non pas que la publicité à la télévision me ravisse (si encore elle était de même qualité que la publicité anglo-scandinave...), mais elle est surtout une source de financement et finalement d'indépendance de la télévision publique ; contribuant par là-même à la diversité, au débat démocratique et à la liberté d'opinion. Si cette décision devait être mise en oeuvre, ce serait un peu de notre Démocratie qui s'envolerait.... A suivre
Publié par gilleshuard à 22:27:25 dans Société | Commentaires (0) | Permaliens
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